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18:41 29 janvier 2020 | mise à jour le: 29 janvier 2020 à 21:44 temps de lecture: 3 minutes

Des médecins canadiens veulent un moratoire sur l’exploitation par fracturation hydraulique

Des médecins canadiens veulent un moratoire sur l’exploitation par fracturation hydraulique
Photo: 123RF

La fracturation hydraulique, en raison des jets liquides à haute pression qu’elle utilise pour extraire le gaz ou le pétrole des sols, aurait des effets néfastes sur la santé, selon un regroupement de médecins canadiens. Ceux-ci plaident pour un moratoire immédiat afin d’encadrer cette méthode d’exploitation du pétrole.

En plus d’affecter l’environnement, la fracturation hydraulique pourrait générer des anomalies congénitales, un faible poids à la naissance des bébés et même la leucémie, peut-on lire dans un rapport de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME).

Selon le document intitulé Une transition fracturée: changements climatiques, santé et fracturation hydraulique, les travailleurs de cette industrie s’exposeraient à «plus d’un millier de produits chimiques différents».

Les auteurs du rapport rapportent que le risque de mortalité des travailleurs sur ces puits de gaz et de pétrole est «sept fois plus élevé que la moyenne pour le secteur industriel», selon des données américaines.

Moratoire

«Au Québec, on a un moratoire, mais il n’est pas complet. On espère que ce rapport-là va donner des outils supplémentaires pour se demander si c’est acceptable de mettre en danger la vie d’enfants et de travailleurs», a précisé à Métro Dre Claudel Pétrin-Desrosiers, membre du conseil de l’ACME.

L’Association désire aussi «l’élimination progressive des activités de fracturation en cours».

Au cours des années 2010, l’ensemble des provinces des Maritimes ont mis en place des moratoires partiels ou complets.

Selon l’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP), la méthode, souvent appelée fracking, «produit au Canada l’une des variétés gaz naturels avec le moins d’émissions de carbone au monde».

Selon Mme Pétrin-Desrosiers, on attribue de fausses vertus écologiques à la fracturation hydraulique. «On se la fait vendre comme une énergie de la transition qui diminue le carbone. Mais les études démontrent que ces projets amènent souvent une augmentation des émissions de méthane», s’insurge-t-elle.

Le gouvernement se positionne

Rejoint par Métro, le cabinet du ministre des Ressources naturelles n’a pas voulu se positionner sur un moratoire. «La fracturation hydraulique au Canada est strictement réglementée et doit être effectuée à l’aide d’un équipement approuvé et de procédures spécifiques», soutient-on dans un courriel.

Si la réglementation des produits gaziers et pétroliers «relève principalement de la compétence provinciale», le cabinet du ministre Seamus O’Regan maintient qu’il souhaite s’assurer d’une exploitation «respectueuse de l’environnement» à travers le pays.

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