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Le Canada vante sa stratégie de lutte contre la pauvreté

Le Canada vante sa stratégie de lutte contre la pauvreté
Steven Guilbeault Photo: Josie Desmarais/Métro

Le gouvernement du Canada vante ses accomplissements dans le combat contre la pauvreté à la suite d’une enquête publiée en février par Statistique Canada, tandis que les organismes sur le terrain accueillent ces données avec un bémol.

Plus d’un million de Canadiens seraient sortis de la pauvreté, y compris 334 000 enfants et 73 000 aînés, selon l’Enquête canadienne sur le revenu de 2018 rédigée par l’agence fédérale.

«Ça représente la plus importante baisse sur trois ans de l’histoire du Canada», s’est targué le ministre du Patrimoine canadien Steven Guilbeault, en conférence jeudi 5 mars.

Depuis 2015, 182 000 personnes sont sorties de la pauvreté dans la ville de Montréal, dont 60 000 enfants a-t-il poursuivi.

Selon le ministre, ces résultats sont le fruit de la Stratégie canadienne de réduction de la pauvreté, lancée en 2018. Son objectif est de réduire la pauvreté de 50% d’ici 2030 comparativement au niveau de 2015.

Celle-ci s’est déployée au travers d’une série de mesures, dont l’Allocation canadienne pour enfants, ainsi que l’augmentation de la prestation complémentaire du Supplément de revenu garanti.

Nuances

Pour Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, les célébrations du gouvernement doivent être prises avec un grain de sel.

«Un million de Canadiens sortis de la pauvreté, c’est vrai et pas vrai en même temps. Ça dépend d’où on met la barre. On croit que le gouvernement l’a mise à son plus bas en choisissant la mesure du panier de consommation comme seuil il y a un peu plus d’un an», a-t-il souligné.

Le panier de consommation prend en compte les prix des biens et des services nécessaires pour vivre en santé, incluant le logement et l’alimentation.

Si ce dernier admet que la vie de plusieurs citoyens a été améliorée par la création et l’amélioration d’allocations et de prestations, il faudrait sans doute affiner la définition de pauvreté avant de crier victoire.

«C’est quoi être pauvre? Est-ce que ça veut dire pouvoir se payer un logement et de la nourriture, ou est-ce que c’est d’avoir une vie décente, de pouvoir s’acheter de nouveaux bas quand ils sont troués, de pouvoir réparer son réfrigérateur lorsqu’il tombe en panne? Il faudrait prendre une multitude de facteurs pour avoir une meilleure idée de cet enjeu», a indiqué M. Petitclerc.

Encore loin des objectifs

M. Guilbeault reconnaît qu’il reste encore du chemin à faire avant d’atteindre les cibles du gouvernement et que l’accès au logement demeure un enjeu qu’il faudra aborder.

«C’est sûr qu’il y a un coup de barre à donner sur la question du logement. On le voit, la situation est difficile à Montréal. On travaille toujours à ce qu’il y ait une entente signée entre le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec sur la stratégie nationale du logement […] afin de permettre aux municipalités d’obtenir le plus de ressources possibles pour du logement social et abordable», a-t-il affirmé.

De plus, encore 3,2 millions de Canadiens, soit 8,7 % de la population, vivaient sous le seuil officiel de la pauvreté au Canada en 2018, un chiffre en baisse par rapport à 2017 (9,5 %), selon l’Enquête.

En deux ans la situation des enfants canadiens n’a pas beaucoup évolué, puisque le taux de pauvreté s’établissait à 8,2 % en 2018 pour cette tranche de la population, soit à peu près le même qu’en 2017.

Toutefois, la tendance générale est à la baisse depuis le dernier sommet de 15,0 % observé en 2012.

Ainsi, le nombre d’enfants vivants sous le seuil de la pauvreté a presque diminué de moitié entre 2012 et 2018, passant de 1 million à environ 566 000.

La situation des aînés stagne aussi. Environ 216 000 personnes âgées de 65 ans et plus, soit 3,5% de cette population, vivaient dans la pauvreté en 2018, des niveaux similaires à ceux observés en 2017.

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