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11:00 14 avril 2020 | mise à jour le: 14 avril 2020 à 11:08 temps de lecture: 3 minutes

CHSLD privés: toujours pas de dépistage sur le terrain

CHSLD privés: toujours pas de dépistage sur le terrain
Photo: Josie Desmarais/MétroUne femme parle au téléphone avec sa mère vivant dans le Centre de santé et de services sociaux de Dorval-Lachine-LaSalle. Les visites sont interdites à cause de la crise sanitaire.

Mercredi dernier, Québec promettait du dépistage «systématique» dans les CHSLD et les résidences pour aînés privés. Près d’une semaine plus tard, la situation serait loin de s’être améliorée, selon un syndicat d’employés du réseau de la santé.

«Il n’y a rien de fait. Les quatre jours que je viens de passer, il n’y a eu aucun dépistage», déplore la présidente du secteur privé la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQP), Sonia Mancier, lorsque rejointe par téléphone mardi matin.

Pourtant, la semaine dernière, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, soulignait l’importance de tester dans les «milieux de vie». «On dépiste de façon prioritaire dans les milieux de vie des personnes âgées et vulnérables», avait-elle indiqué.

Six jours plus tard, Mme Mancier s’insurge du manque d’action sur le terrain.

«D’un côté, on nous dit qu’on manque de matériel, mais je pense qu’à un moment donné, le gouvernement parle trop», lance-t-elle.

«Il y a des directives annoncées par les ministres, mais il n’y a rien sur le plancher. Ça me met hors de moi.» – Sonia Mancier, présidente de la FIQP

La situation dans le réseau privé des soins fait parler à Québec. Cette fin de semaine, le premier ministre François Legault a insisté sur l’inspection des établissements privés non conventionnés, comme la résidence Herron, à Dorval, où plus d’un cinquième des résidants ont perdu la vie.

Québec a mandaté des équipes policières pour faire enquête sur cette résidence privée de l’Ouest de l’Île.

Déplacements de personnel

D’après la présidente de la FIQP, la problématique dans le réseau privé est loin de s’arrêter à la capacité de dépistage.

«On nous dit qu’il n’y aura plus de déplacement d’un établissement à un autre. Pas vrai. J’ai encore un cas sous les yeux ce matin», affirme Sonia Mancier.

En raison d’un décret ministériel émis au mois de mars, les établissements de soins peuvent temporairement transférer des employés de résidence en résidence.

«Certains employeurs me disent que, tant qu’il n’y aura pas d’arrêté [dans le sens contraire], on peut encore déplacer le personnel», observe Mme Mancier.

Dans le public?

Dans le réseau public, les techniques de dépistage laisseraient également à désirer. Certains préposés aux bénéficiaires montréalais ont entre autres dû se rediriger vers la clinique de dépistage du Quartier des spectacles pour obtenir un test, observe Alain Croteau, président du STT-CIUSSS Centre-Sud-CSN.

«On trouve que ça fait un trou dans la couverture. On se fie au fait que les gens vont y aller par eux-mêmes, alors que ça serait si simple de tester au travail», lance-t-il.

«Autrement dit, ce n’est pas parfait.» – Alain Croteau

Lundi, Santé Canada a donné son sceau d’approbation à un test portatif capable de produire des résultats en une trentaine de minutes. Les livraisons au Québec ne viendront pas avant mai, a toutefois avancé le premier ministre Legault.

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