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13:48 16 avril 2020 | mise à jour le: 16 avril 2020 à 17:46

Médecins dans les CHSLD: la réorganisation sera «un gros défi», avoue Legault

Médecins dans les CHSLD: la réorganisation sera «un gros défi», avoue Legault
Photo: Philippe Ruel/MétroLe premier ministre François Legault

Alors que plus de 2000 médecins ont répondu à l’appel du gouvernement pour intervenir dans les CHSLD, le premier ministre François Legault reconnaît que la réorganisation du travail «ne sera pas parfaite». Il en appelle à la compréhension de tous les corps de métier, dans un contexte d’instabilité et d’inconnu.

«Ça va être un gros défi de faire travailler tout ce monde-là ensemble. Il va falloir bien s’entendre sur la définition de tâches de chacun», a expliqué M. Legault jeudi. Il appelle les médecins, les infirmières et les préposés aux bénéficiaires à «mettre de l’eau dans leur vin». «Je demande à tout le monde de faire des efforts. On doit ça à nos aînés», lâche-t-il.

Plus tôt, dans une lettre transmise au premier ministre, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) a pour sa part vivement dénoncé les iniquités dans le réseau de CHSLD, alors que les médecins spécialistes toucheront 2500$ par jour.

«Si le gouvernement veut tant aider les préposés aux bénéficiaires, qu’attend-il pour donner une prime en montant fixe qui les aiderait tellement?» -Jeff Begley, président de la FSSS-CSN

Des problèmes bureaucratiques en CHSLD?

Près de 40 000 personnes se sont déjà inscrites sur le site gouvernemental Je Contribue!, lancé à la mi-mars pour recruter des gens à l’extérieur du réseau de la santé qui détiennent des compétences. Mais plusieurs organismes et fédérations dénoncent que les forces en présence ne soient pas pleinement utilisées. «On a des témoignages à chaque jour de gens qui sont prêts à venir aider. On se demande: elles sont où ces personnes-là?», a témoigné la présidente Nancy Bédard sur les ondes de Radio-Canada jeudi.

La ministre de la Santé, Danielle McCann, affirme que tout est une question de proportions. «Je salue les gens qui veulent contribuer dans les CHSLD, mais il doit aussi y avoir une équivalence en termes de ce qu’on peut offrir et les besoins sur le terrain», lance-t-elle. Près de 3000 personnes ont déjà été appelés en renfort via la nouvelle plateforme.

«Ça se peut que quelques cas soient tombés entre deux chaises, mais on ne fait pas exprès pour refuser des gens qualifiés. On en a besoin plus que jamais.» -François Legault, premier ministre du Québec

Plus d’étudiants appelés en renfort

Après les enseignants, bon nombre de finissants en écoles de soins infirmiers et en médecine recevront jeudi un appel à la mobilisation, a aussi confirmé le gouvernement. «Vous allez pouvoir, les plus jeunes, nous donner un coup de main dans les prochains jours», laisse entendre M. Legault.

Les étudiants de plusieurs autres programmes d’étude «pertinents» pourraient aussi être appelés à l’action dans les prochains temps. Une formation «en accéléré» leur sera fournie pour utiliser adéquatement les équipements de protection, dont les maques.

«On n’enverra pas quelqu’un à froid ou à chaud. On va les formes avec des capsules spécifiquement préparées pour cette clientèle», souligne Danielle McCann.


143 nouveaux décès, un premier médecin meurt

Les autorités de santé publique ont recensé jeudi 143 nouveaux décès liés à la COVID-19 au Québec, pour un total de 630. Québec affirme toutefois que ces chiffres doivent être interprétés avec prudence, les méthodes de traitement de données ayant changé.

On compte maintenant 15 857 cas de coronavirus dans la province. C’est une hausse de 997 par rapport à la veille. Quelque 1018 personnes sont hospitalisées, une augmentation de 34. Aux soins intensifs, la situation continue de se stabiliser; 209 personnes s’y retrouvent, soit une diminution de neuf cas.

Par ailleurs, un premier médecin québécois est décédé jeudi de la COVID-19. Il s’agit d’un spécialiste de la santé communautaire, en Montérégie. Il était âgé de 44 ans. «Cette personne ne travaillait pas en milieu de soin. Ça nous rappelle que le virus peut aussi frapper ailleurs. Notamment, dans la communauté», conclut le directeur national de santé publique, Horacio Arruda.

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