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15:22 17 juillet 2020 | mise à jour le: 17 juillet 2020 à 15:22 temps de lecture: 4 minutes

Port du masque: 27% des Québécois éviteront les restaurants et les bars

Port du masque: 27% des Québécois éviteront les restaurants et les bars
Photo: Josie Desmarais | MétroUne employée d'un restaurant de Montréal portant un masque.

Le port du masque obligatoire viendra changer les habitudes des Québécois, alors que plus du quart d’entre eux éviteront alors de se rendre dans des restaurants et des bars, selon un sondage.

La firme Léger et l’Association d’études canadiennes (AEC) ont mené un sondage en ligne auprès de plus de 1500 Canadiens du 10 au 12 juillet afin de mesurer les impacts qu’aurait l’imposition du port du masque obligatoire dans les lieux publics fermés sur certaines de de leurs habitudes.

Éviter les bars et les restaurants

Selon les résultats de ce coup de sonde, 22% des Canadiens éviteront les bars et les restaurants s’ils sont forcés de porter un masque pour y entrer. Au Québec, où le port du masque deviendra obligatoire dans tous les lieux publics fermés de la province samedi, ce pourcentage grimpe à 27%. Il atteint même 30% en Alberta.

Il s’agit des pourcentages les plus élevés par rapport aux autres lieux analysés. En comparaison, 4% des répondants au pays ont dit qu’ils éviteraient d’aller à l’épicerie si on les obligeait à porter le couvre-visage. Ce taux grimpe à 11% en ce qui a trait au transport en commun, où le port du masque est déjà obligatoire au Québec de même qu’à Toronto, notamment.

«Les restaurants et les bars sont vus plus comme une activité de loisir, plus que d’aller à l’épicerie ou de prendre le transport en commun, qui sont davantage des nécessités», analyse la président d’AEC, Jack Jedwab.

«Ça va rendre encore plus difficile pour les restaurants et les bars de se relever [de la crise sanitaire].» -Jack Jedwab, président d’AEC

Pertes d’achalandage

Tant le milieu des bars que celui des restaurants au Québec appréhendent d’ailleurs des baisses d’achalandage après l’entrée en vigueur de l’obligation de porter un masque dans ces établissements.

«Je pense qu’effectivement, il va y avoir un impact sur l’achalandage. Sera-t-il grand ou pas? C’est difficile à dire, mais c’est certain que ça aura un impact», tranche le porte-parole de l’Association Restauration Québec (ARQ), Martin Vézina.

Or, les restaurant peinent déjà à se relever de la crise sanitaire alors que tant les mesures de confinement du printemps que les nouvelles mesures sanitaires qu’ils doivent respecter affectent leur chiffre d’affaires. Selon les résultats d’un récent sondage mené par l’ARQ, 61% des restaurateurs appréhendent déjà d’avoir à fermer leurs portes d’ici six mois s’ils ne reçoivent pas une aide financière additionnelle.

«On espère que ceux qui au début auront des réticences à porter le masque puissent peut-être s’habituer et revenir dans les salles à manger pour vivre une expérience», ajoute M. Vézina, qui presse les différents ordres de gouvernement d’offrir des subventions – et non des prêts – aux restaurateurs. Une demande que partage l’Union des tenanciers de bars du Québec.

«On va laisser la santé publique faire son travail. Si 27% des clients refusent d’aller dans les restaurants et les bars, on va accepter ça, mais on a besoin d’aide financière», martèle son président, Peter Sergakis.

Le gouvernement fédéral a d’ailleurs annoncé vendredi après-midi qu’il élargissait l’accès à la subvention salariale d’urgence. Les entreprises qui ont subi des pertes financières de moins de 30% en raison de la crise sanitaire pourront maintenant y avoir droit.

Clients récalcitrants

Le sondage révèle d’autre part qu’environ 7% des répondants, soit 9% des hommes et 5% des femmes, entendent refuser de porter un masque dans les lieux publics fermés malgré une obligation, défiant ainsi volontairement la loi.

Au Québec, cette réglementation prévoira des amendes salées aux récalcitrants. Or, d’ici au 1er août, celles-ci ne seront adressées qu’aux propriétaires des établissements qui ne respectent pas les les consignes afin d’accorder une période de sensibilisation aux clients.

«Ce sera à nous à gérer les clients qui sont réticents à porter le masque et ce sera nous qui recevrons une amende s’ils refusent de porter le masque. On trouve ça un peu paradoxal», déplore Martin Vézina.

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