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15:11 5 août 2020 | mise à jour le: 5 août 2020 à 17:45 temps de lecture: 3 minutes

Non à l’austérité en sortie de crise, lancent en choeur des organismes communautaires

Non à l’austérité en sortie de crise, lancent en choeur des organismes communautaires
Photo: Josie Desmarais/MétroStefan Christoff, de la coalition Courage

Des organismes communautaires de tous les horizons prient les gouvernements de ne pas adhérer à des politiques d’austérité pour sortir du marasme économique engendré par la pandémie. Selon eux, de telles politiques ont des impacts démesurés dans les communautés marginalisées.

Le gouvernement du Canada prévoit un déficit de 343 G$ pour le prochain exercice financier. À Québec, le ministre des Finances, Eric Girard, voit venir un «déficit historique» de 15 G$.

Dans les deux cas, toutefois, on affirme que l’austérité n’est pas une solution. Le retour à l’équilibre budgétaire «ne se fera pas au détriment des services publics», maintenait fin-juin le ministre Girard. «Couper dans les services serait la pire chose à faire», martelait quelques semaines plus tard le premier ministre Justin Trudeau.

Ce n’est pas suffisant pour rassurer plusieurs groupes communautaires rassemblés mercredi à Montréal.

«Depuis la réforme de l’immigration, notre confiance a été quelque peu amorcée, fragilisée. Après les paroles, il faut des faits», a indiqué le porte-parole du groupe Le Québec, c’est nous aussi, Thibault Camara.

«Nous souffrons déjà»

Selon Dolores Chew, l’une des fondatrices du Centre communautaire des femmes sud-asiatiques à Montréal, les gouvernements ont démontré une tendance à «serrer leur ceinture» dès que l’économie tangue.

«Nous demandons à nos gouvernements de ne pas favoriser les intérêts économiques aux dépens des communautés racialisées, vulnérables et marginalisées. Nos communautés souffrent déjà en raison de la pandémie», a-t-elle tonné.

«Nous, personnes immigrantes, sommes les plus fragiles, les premiers à vivre de plein fouet les remous économique. La COVID-19 nous a rappelé que dans la crise, c’est comme dans un naufrage. Nous serions les dernières personnes à être sauvées.» – Thibault Camara, porte-parole de «Le Québec, c’est nous aussi»

Appel à la régularisation

En plus de demander au gouvernement de maintenir les services, les organismes demandent en choeur des investissements dans le communautaire et une meilleure écoute des décideurs.

Stefan Christoff, de la Coalition Courage, un organisme se qualifiant de «gauche indépendante», veut d’ailleurs que les voix de ces communautés soient mieux entendues dans la relance.

La régularisation du statut des travailleurs du réseau de la santé est prioritaire, souligne aussi M. Camara.

«Actuellement, le gouvernement du Québec fait frein à ces démarches», avance-t-il.

Jusqu’ici, le gouvernement de François Legault a indiqué vouloir régulariser les préposés aux bénéficiaires en premier lieu. Selon le quotidien La Presse toutefois, les discussions entre les deux niveaux de gouvernements seraient sur le point d’aboutir.

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