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20:04 19 août 2020 | mise à jour le: 19 août 2020 à 20:04 temps de lecture: 4 minutes

Logements sociaux: 1019 unités réalisées en un an dans la province

Logements sociaux: 1019 unités réalisées en un an dans la province
Photo: Archives Métro

En pleine pénurie de logements, Québec tarde à réaliser les projets inscrits à son programme AccèsLogis. Entre avril 2019 et mars 2020, le gouvernement a sorti 1019 unités de terre, alors qu’il souhaite en mettre 15 000 sur pied au cours de son mandat.

De passage en commission parlementaire pour l’étude des crédits de son ministère, la ministre de l’Habitation, Andrée Laforest, a commenté mercredi de nouvelles données de la  Société d’habitation du Québec sur le niveau d’avancement de son programme de construction d’unités locatives.

Pour l’année financière 2019-20, le gouvernement du Québec a donc conclu le développement d’un peu plus de 1000 unités, dont 355 se trouvent en territoire montréalais.

Le programme provincial AccèsLogis a été modifié l’été dernier pour permettre «d’accélérer la réalisation de 15 000 nouveaux logements sociaux et abordables dans les prochaines années».

Interrogée sur le rythme du programme, la ministre Laforest s’est dite confiante de terminer la construction de tous ces espaces locatifs à l’intérieur de son mandat de quatre ans.

Possible?

Le député de Québec solidaire, Andrés Fontecilla, a peine à y croire. «En 2017-2018, vous avez réalisé 731 unités. En 2018-2019, 835. En 2019-2020, c’est 1019. Et les informations dont on dispose nous disent qu’il y a 6433 unités dans la machine. On se rend autour de 9000 unités», a énuméré l’élu de Laurier-Dorion.

«On est loin du compte.» – Andrés Fontecilla, député de Québec solidaire

À Montréal, la mairesse Valérie Plante demande depuis plusieurs mois des investissements supplémentaires dans AccèsLogis. Elle compte ériger 12 000 logements sociaux et abordables d’ici 2021. Les 355 nouveaux espaces réalisés l’an dernier dans la métropole représentent donc moins de 3% de ce qu’exige l’administration municipale.

«L’heure est à l’urgence», avait déjà tonné la mairesse en janvier.

La porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain, Véronique Laflamme, se dit «découragée» par les chiffres de la SHQ.

«Le gouvernement Legault n’a pas mis sur la table les fonds nécessaires pour rattraper le retard», a-t-elle commenté.

L’entente fédéral-provincial au feuilleton

La ministre Laforest a également dû répondre à plusieurs questions sur l’entente sur le logement entre le provincial et le fédéral, mercredi. Québec n’a toujours pas conclu d’accord avec Ottawa pour obtenir sa part des transferts fédéraux sur le logement.

En tout, le fédéral détient toujours une enveloppe de 1,4 G$ à distribuer. Le Québec est la dernière province à ne pas s’être enquise de ses sommes.

Mercredi, Mme Laforest a répété être confiante de régler «dans les prochaines semaines ou le prochain mois» ce dossier. En mai, dernier le ministre des Finances, Eric Girard, avait qualifié ces transferts de «bloqué[s] par un vieux contentieux».

«En même temps, on ne laissera jamais d’argent sur la table», a-t-elle répondu lorsqu’interrogée par la députée Marie-Claude Nichols, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’habitation.

Une fois l’entente conclue, l’entièreté des fonds iront en logement social, a convenu Mme Laforest.

Pas de nouvelles unités

Avant même que la pandémie de COVID-19 n’atteigne le territoire québécois, le ministre des Finances Eric Girard avait présenté en mars un deuxième budget consécutif sans nouveau projet de logement social.

La Coalition avenir Québec (CAQ) a plutôt opté pour la réalisation d’unités déjà prévues dans de précédents budgets.

Mercredi la ministre Laforest, a répété le message de son parti sur les unités non-réalisées. «Il y a un backlog. Ça donne absolument rien d’annoncer de nouvelles unités», a-t-elle signalé.

À Montréal, la pénurie d’offre locative est telle que le taux d’inoccupation des logements oscille autour de 1,5%. Avant-hier, un rapport concluait que le prix moyen des loyers aurait grimpé de 11% en un an dans la métropole.

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