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Un nouveau paysage politique

Jean Charest et Pauline Marois voient leur souhait exaucé. La Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ) est officiellement reconnue comme parti politique.

Depuis le retour de François Legault dans le paysage politique, tous les scénarios ont été évoqués. De groupe de réflexion, le mouvement est vite devenue une cible pour des péquistes et des libéraux inquiets. L’engouement suscité dans la po-pulation en a fait un joueur incontournable, mais encore insaisissable.

Avec la reconnaissance du Directeur général des élections, on commence à voir les contours du groupe qui devrait être un joueur majeur au prochain scrutin. Reste encore quelques détails à régler, dont celui de la présence parlementaire. Déjà, l’organisation de Legault a dit vouloir avoir une équipe de sept députés dès le 14 février, soit pour la reprise des travaux parlementaires.

Il s’agit d’une arme à double tranchant qui l’obligera à avoir une équipe cohérente, capable de livrer le message sans trop s’enfarger. Cela signifie que la CAQ pourra interpeler le gouvernement. En contrepartie, cela voudra aussi dire que l’équipe sera exposée quotidiennement. Le défi sera de porter des coups avec peu de moyens, mais aussi de bien gérer les attentes.

La question de la fusion avec l’ADQ se pose maintenant. Si le mariage est incontournable pour plusieurs, pour d’autres, il n’en est rien. L’héritage de la marque adéquiste et sa condition financière pourraient jouer en défaveur d’une alliance. En contrepartie, l’ancrage de l’ADQ et le redressement qu’a opéré Gérard Deltell doivent peser dans la balance. Si l’ADQ devait demeurer sur les rangs dans sa forme actuelle, il serait difficile pour la CAQ de prétendre être une véritable coalition.

Chacun joue son jeu. François Legault s’est jusqu’à présent montré prudent. Pour reprendre l’initiative, Gérard Deltell a établi un échéancier précis. Le chef de l’ADQ se donne de l’espace pour réfléchir. Il repousse la pression quotidienne des médias et pourra répondre aux questions, aux rumeurs en disant que le bilan se fera en début d’année 2012. Il veut une négociation qui portera sur les valeurs et les idées. Il parle aussi de réunir les forces du changement.

Dans les prochaines semaines, chacun jouera ses cartes. Comme le dit le chef de l’ADQ, pour qu’un rapprochement puisse se produire, il doit y avoir une proximité au niveau des idées et des valeurs. Si cela se produit, le paysage politique risque d’être bien différent, et ce, dès le début de l’an prochain. Jean Charest et Pauline Marois pourraient bien avoir certains regrets.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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