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Pauline Marois: La pâte est sortie du tube

Quand une chose semble inéluctable en politique, on dit que la pâte à dents est sortie du tube. Cela signifie qu’il est pratiquement impossible de changer la tendance.

Il semble que ce soit le cas pour Pauline Marois. Elle a beau dire, elle a beau faire, rien ne parvient à changer la perception de la population à son égard. Personne n’a dit que la politique n’était pas ingrate.

Ce n’est pas d’hier qu’on évoque le départ de la chef du Parti québécois. Pourtant, ce qui rend la rumeur crédible, c’est qu’elle persiste. Si Jean Charest goûte à cette médecine à l’occasion, il peut se réconforter auprès de ses membres et même de la popu-lation. Son haut taux d’insatisfaction est compensé par le fait que, contre vents et marées, il domine dans les sondages lorsqu’on fait abstraction de François Legault. Ce n’est pas peu dire.

De son côté, Pauline Marois peine à séduire la population, et l’exécutif de son parti lui refuse une campagne publicitaire pour rehausser son image. Il n’y a vraiment aucun lieu de réconfort pour elle. Après qu’elle eut perdu cinq députés pour des raisons diverses, on avait cru à une certaine accalmie, mais l’évocation d’un sauveur a reparti le bal. Le mirage de Gilles Duceppe comme chef en disponibilité permet aux péquistes de rêver au pouvoir.

La seule chose est de savoir ce qui cloche au PQ : le messager ou le message? À en croire les résultats de la dernière élection fédérale et ceux de sondages publiés çà et là, le Parti québécois pourrait souffrir d’un problème plus profond que celui de sa direction. Certes, l’opinion publique est volatile. Mais quand 71 % des Québécois disent que le débat sur la souveraineté est dépassé, que 77 % souhaitent le mettre de côté au profit d’autres enjeux et que 40 % affirment vouloir un gestionnaire à la tête de l’État, on peut croire que l’embellie ne serait que de courte durée même si le PQ changeait de chef.

Ce débat est cependant lourd de sens dans une formation politique dont la souveraineté est la raison d’être. Pauline Marois l’a appris à ses dépens. Elle qui a proposé une modernisation de la social-démocratie et une gouvernance souverainiste ne sera pas parvenue à insuffler le changement. Pour elle, les heures sont comptées… Que voulez-vous… La pâte à dent est sortie du tube.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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