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Gilbert Rozon: un dernier plaidoyer contre la fiabilité de la plaignante

Un groupe de femmes manifeste devant le palais de justice de Montréal lors des plaidoiries finales du procès de Gilbert Rozon, qui a attaqué la fiabilité de la plaignante dans le dossier.
Une vingtaine de manifestantes ont accueilli Gilbert Rozon à son arrivée au palais de justice vendredi matin. Photo: Naomie Gelper/Métro

La défense a une fois de plus remis en cause la fiabilité de la victime alléguée vendredi, lors des plaidoiries finales dans le procès de Gilbert Rozon pour viol et atteinte à la pudeur. La défense tente de relever les invraisemblances, les contradictions et le manque de détails de son témoignage.

Les faits reprochés au magnat déchu de l’humour remontent à 40 ans auparavant. 

La plaignante, dont l’identité doit demeurer confidentielle, accuse Gilbert Rozon de l’avoir violée dans une demeure de Saint-Sauveur après une soirée dans un bar.

Après avoir refusé les avances de l’homme, la femme aurait dormi seule. Elle allègue toutefois qu’il était sur elle à son réveil. 

«Je me souviens de la contrainte, de la domination, du pouvoir pour faire quelque chose que je ne voulais pas qu’il fasse», avait-elle raconté au tribunal en octobre.

Selon Gilbert Rozon, ce serait plutôt la plaignante qui l’aurait réveillé en le «chevauchant». «Le temps que je me réveille, on était déjà dans l’action. Elle ne m’a rien dit et je ne lui ai rien dit», avait-il déclaré devant la Cour.

Présomption d’innocence

Dans sa plaidoirie, la défense a misé sur le principe juridique fondamental de présomption d’innocence. 

L’avocate Isabel Schurman a suggéré au tribunal que les preuves de la poursuite n’étaient pas suffisantes pour prouver hors de tout doute la culpabilité de Gilbert Rozon. 

«Il serait dangereux de prononcer une condamnation sur ce témoignage [celui de la plaignante] dont la fiabilité est questionnable. C’est peut-être vrai, mais dans le peut-être réside le doute.»

Pour remettre en cause la fiabilité de la victime alléguée, l’avocate de Gilbert Rozon est notamment revenu sur les différences entre son témoignage en Cour et sa déclaration aux policiers en 2017.

En après-midi, un autre avocat de Gilbert Rozon, Pierre Poupart, a pris le relais.

Il est revenu sur l’interrogatoire et le contre-interrogatoire de l’accusé en attirant l’attention de la juge sur ce qui renforçait sa crédibilité. 

Me Poupart a notamment souligné la «spontanéité» de Gilbert Rozon dans son témoignage, la «qualité de ses réponses et son ton».

«Rozon, en prison!»

Une vingtaine de manifestantes ont accueilli Gilbert Rozon à son arrivée au palais de justice. «Rozon, en prison!», scandaient-elles en coeur. 

Les militantes considèrent ce procès comme un symbole de l’oppression des victimes d’agression sexuelle.  

«Non seulement les victimes sont rarement crues, mais rares sont les plaintes qui aboutissent à un procès. Et lorsqu’il y a un procès, si leur agresseur en a les moyens financiers, celui-ci peut s’engager un avocat de talent pour se soustraire à la justice. C’est inacceptable», affirme la membre du collectif Wake Up Calice (WUC), Coralie LaPerrière.

WUC veut envoyer un «message clair» aux gouvernements du Québec et du Canada, soit la réforme en profondeur du système de justice pour les plaintes en matière d’agression sexuelle.

Les plaidoiries se poursuivront le 19 novembre. Ce sera au tour de l’avocat de la poursuite, Bruno Ménard, de plaider. 

La juge Mélanie Hébert devra ensuite évaluer l’ensemble des preuves pour prendre une décision. 

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