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Ventilation: 75% des classes favorisent la transmission du virus

Ventilation dans les écoles: 75% des classes favorisent la transmission du virus
Plus il y a de CO2 dans une pièce, plus le risque potentiel de contagion est élevé. Photo: Archives Métro

Trois classes sur quatre de la région métropolitaine testées incognito par des enseignants ont montré des problèmes de ventilation importants favorisant la transmission du virus.

Recrutés par les médecins et experts du groupe COVID-STOP, 12 professeurs de Montréal, de la Rive-Sud et de la Rive-Nord ont testé l’air dans près de 25 classes et locaux.

Ils ont utilisé des machines communément appelées CO2Meter et CO2Mini.

«Lorsque nous respirons et parlons, nous émettons du CO2, de petites gouttelettes et des aérosols qui «flottent» dans l’air. Or, leur concentration augmente par accumulation dans des locaux mal aérés», indique la physicienne Nancy Delagrave.

Ainsi, plus il y a de CO2 dans une pièce, plus le risque potentiel de contagion est élevé.

Toutefois, le gaz peut être évacué à l’aide d’un système de ventilation adéquat ou en ouvrant les fenêtres aux bons moments.

«Dans 3 classes sur 4 testées incognito par nos enseignants, la ventilation était problématique. Les taux de CO2 dépassaient le niveau acceptable de 700 à 800 ppm, favorisant ainsi la propagation de la COVID-19», explique la médecin interniste en unité Covid, Marie-Michelle Bellon.

Elle ajoute que, dans certaines classes, les taux ont monté à plus de 2100 ppm.

«Le gouvernement est dans l’erreur»

Le collectif COVID-STOP presse donc le gouvernement du Québec à agir.

Les scientifiques du groupe estiment que François Legault «ignore la science» s’il ne reconnaît pas le problème.

Questionné récemment sur la possibilité d’une transmission du virus par voie aérienne et donc par la ventilation, M. Legault a indiqué que la majorité des cas dans les écoles n’était pas en lien avec les systèmes de ventilation.

Pourtant, la Santé publique canadienne convient depuis peu que le coronavirus peut se transmettre par la voie des airs.

«Le gouvernement est dans l’erreur et doit écouter la science», déclare le docteur Amir Khadir, épidémiologiste.

Il précise que les spécialistes mondiaux recommandent un taux de concentration maximale de 800 ppm, voire 650 ppm.

«Pointe de l’iceberg»

Selon Marie-Michelle Bellon, ce n’est que «la pointe de l’iceberg» considérant que seulement une partie des classes ont été testées.

«Les écoles sont l’un des plus importants lieux de transmission de la COVID-19, affirme-t-elle. Avec le grand froid qui empêchera bientôt d’ouvrir les fenêtres, nous sommes inquiets de voir les écoles alimenter encore plus la pandémie.»

D’ailleurs, elle rappelle que de nombreuses classes du Québec n’ont même pas de fenêtres à ouvrir.

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