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10:02 8 décembre 2020 | mise à jour le: 8 décembre 2020 à 16:50 temps de lecture: 3 minutes

Une usine à Varennes pour transformer des déchets en carburant

Une usine à Varennes pour transformer des déchets en carburant
Photo: Paul Chiasson/La Presse canadienneLa ministre Mélanie Joly et le premier ministre François Legault

Québec et Ottawa s’allient pour concrétiser l’usine de transformation de déchets en carburant promise il y a huit ans par le gouvernement libéral. Le projet, qui doit s’installer à Varennes, permettrait la création de 500 emplois durant la construction.

Le premier ministre François Legault en a fait l’annonce en compagnie de représentants du fédéral, mardi.

Intitulé Recyclage Carbone Varennes (RCV), le projet devrait coûter environ 687 M$. S’ajoute à cela un projet d’Hydro-Québec pour produire l’hydrogène qui alimentera l’usine. Au total, c’est une enveloppe de 876 M$.

Québec débloque 160 M$ et Ottawa, 74 M$. Le reste des intérêts doivent provenir du privé. Enerkem, l’entreprise derrière RCV, croit pouvoir créer 100 emplois «hautement spécialisés» après la construction.

L’entreprise a déjà effectué sa première pelletée de terre et débutera ses opérations en 2023.

Il s’agit là de la concrétisation d’un projet de longue date au Québec. En 2012, le gouvernement libéral sortant avait investi 27 M$ dans une usine élaborée par la compagnie «Éthanol cellulosique Varennes S.E.C.», qui est depuis devenue RCV.

Biocarburant

Le principe est simple: Enerkem – une entreprise par ailleurs détenues par des intérêts étrangers – souhaite rediriger des déchets condamnés à l’enfouissement vers son complexe de transformation.

«Nous prenons des déchets qui se ramasseraient dans un dépotoir, qui créeraient du méthane, et les transformons en biocarburant.» – Dominique Boies, chef de la direction d’Enerkem

Le carburant issu de RCV doit ensuite s’insérer dans les produits de grandes entreprises pétrolières, comme Shell et Suncor.

«Ils utiliseront le produit où ils le croient utile», a précisé le chef de la direction d’Enerkem, Dominique Boies.

50 000 véhicules

Aux yeux du premier ministre François Legault, le projet respecte le slogan environnemental qu’il répète depuis quelque temps: «plus de richesses, moins de GES».

En fait, selon les chiffres de l’usine, l’exploitation de RCV permettra une «réduction des GES équivalant au retrait de près de 50 000 véhicules de la route chaque année».

François Legault a d’importants objectifs pour les 125 millions de litres de biocarburants créés annuellement par le projet d’Enerkem.

«Les biocarburants, ça fait partie de nos importations. Ça va changer avec le projet qu’on annonce aujourd’hui», s’est-il réjouit mardi, à Montréal.

François Legault soutient que l’investissement ne contredit pas les objectifs d’éliminer tranquillement la présence de véhicules à essence sur les routes du Québec.

«Quand on dit qu’on souhaite ne plus vendre de voitures à essence en 2035, bien, entre 2020 et 2035, il y a une période de transition, a-t-il précisé. Un projet comme aujourd’hui, ça fait partie des façons de réduire les GES de façon graduelle.»

La ministre Mélanie Joly et le premier ministre François Legault



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