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05:00 25 janvier 2021 | mise à jour le: 25 janvier 2021 à 07:08 temps de lecture: 3 minutes

«N’importe quel parent pourrait se retrouver avec la DPJ», selon une intervenante

«N’importe quel parent pourrait se retrouver avec la DPJ», selon une intervenante
Photo: Capture d'écranAnnie, intervenante pour la DPJ.

En entrevue à Tout le monde en parle, des intervenantes qui montrent au grand jour la réalité du travail de la Direction de la protection de la jeunesse estiment qu’aucun parent n’est à l’abri d’une situation qui nécessiterait leur intervention.

Les intervenantes Annie et Myriam ainsi que le réalisateur Jean-François Fontaine ont été interviewés sur la nouvelle docusérie Au coeur de la DPJ, présentée sur les ondes de RDI.

Cette production a été imaginée avant que les projecteurs ne soient mis sur la DPJ en raison de plusieurs drames survenus ces dernières années, dont le tristement célèbre décès de la fillette de Granby survenue au printemps 2019.

Pour Myriam, 22 ans, il est important de comprendre que le travail de la DPJ peut s’effectuer dans tous les milieux.

«La réalité, c’est que n’importe quel parent pourrait se retrouver avec la Direction de la protection de la jeunesse, a soutenu Myriam, une intervenante de 22 ans de la DPJ. Tu te retrouves en séparation, tu es monoparental, tu n’arrives plus et la protection est là pour t’aider et t’accompagner.»

Une institution à l’image ternie

La docusérie suit les intervenantes dans leur travail jusqu’à dans la maison des parents accompagnés par la DPJ. Elle jette un nouveau regard sur un métier dont l’image a été ternie par les drames et les manquements structurels qui ont mené à la création de la commission Laurent.

«On est très affecté par ça, explique Annie. Le cauchemar de n’importe quel intervenant en protection, c’est qu’un drame comme ça arrive dans des situations dans lesquelles ont est impliqué. On fait de notre mieux, on travaille avec tout notre coeur et le risque zéro n’existe pas. Ultimement, quand je pense aux intervenants impliqués dans des situations comme ça, j’ai beaucoup de compassion.»

Cette dernière s’est dite favorable à une recommandation de la Commission Laurent voulant que le partage d’information sur l’enfant entre les diverses organisations soit amélioré. «Travailler à la DPJ, c’est une confidentialité très très très grande. Pour bien protéger un enfant, il va falloir une plus grande circulation de l’information pour que tout le monde ait en tête la réalité pour pouvoir protéger.»

Filmer des situations délicates

La docusérie permet de constater que les parents sont parfois peu réceptifs à aux interventions de la DPJ. Plusieurs échanges tendus ont été captés par la caméra. Les intervenantes ont d’ailleurs affirmé craindre pour leur sécurité lorsqu’elles doivent se rendre seules chez certaines familles.

Obtenir le consentement de ces familles a été l’un des enjeux autour de la réalisation d’Au coeur de la DPJ. 

«Il y avait un esprit de confiance et de respect qu’on devait établir, a expliqué le réalisateur Jean-François Fontaine. Il faut comprendre que chaque fois qu’on se présente chez quelqu’un, les gens sont prévenus d’avance et sont d’accord que les caméras soient là. S’ils ne veulent plus, ils avaient le droit. C’était le risque à prendre pour la production.»

Les 10 épisodes de 30 minutes seront présentés sur ICI RDI à partir du lundi 25 janvier à 20 h.

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