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17:34 7 février 2021 | mise à jour le: 10 février 2021 à 15:42 temps de lecture: 3 minutes

Manifestation à Saint-Michel pour soutenir la démocratie en Haïti

Manifestation à Saint-Michel pour soutenir la démocratie en Haïti
Photo: François Lemieux/Métro MédiaUn manifestation s'est déroulée le 7 février à Saint-Michel pour s'opposer au retour de la dictature en Haïti.

À l’aide d’un «rara», une forme de manifestation traditionnelle musicale haïtienne, plusieurs dizaines de personnes ont commémoré dimanche dans Saint-Michel le 35e anniversaire de la fin du régime dictatorial haïtien de Jean-Claude Duvalier. Les manifestants dénonçaient aussi la «résurrection du régime duvaliériste» qui serait en cours au moment où la légitimité du président haïtien Jovenel Moïse est contestée.

Un mandat présidentiel en Haïti dure normalement cinq ans à partir de l’assermentation qui s’effectue le 7 février suivant l’élection. Jovenel Moïse a remporté en 2015 une élection par la suite annulée pour cause de fraudes. Il avait remporté une nouvelle élection, l’année suivante.

Ce dernier soutient que sa présidence doit se poursuivre jusqu’en 2022. Nombreux sont ceux au sein de la population haïtienne qui croient que son mandat se terminait dimanche.

Des grèves et des manifestations auraient été organisées en Haïti pour s’opposer aux velléités de M. Moïse de conserver le pouvoir selon l’organisme Solidarité Québec Haïti. Plus de 250 personnes auraient écrit au ministre des Affaires étrangères pour que «cesse le soutien au retour du duvaliérisme».

«Avec le soutien des gouvernements américain et canadien, le président Moïse, restaure de nombreux aspects du régime duvaliériste», indique Jennie-Laure Sully de Solidarité Québec Haïti. Moïse gouverne par décrets, cherche à prolonger son mandat, à réécrire la constitution, à réprimer violemment les manifestations et à créer une nouvelle agence de renseignement dangereuse».

Politique étrangère

Solidarité Québec Haïti se montre critique de la politique étrangère canadienne.

«En utilisant des mots vagues, ils disent qu’ils sont en accord avec le processus démocratique. Mais concrètement, ils persistent à faire comme s’il y avait de la démocratie alors qu’il n’y en a pas. Il va falloir que le Canada se prononce clairement contre la situation vraiment grave en ce moment», avance Mme Sully.

L’Institut canadien de la politique étrangère participait à la manifestation pour Haïti à l’angle du boulevard Saint-Michel et de la rue Legendre. Sa directrice, Bianca Mugyenyi estime que «le Canada doit cesser de soutenir le président répressif, corrompu et illégitime, Jovenel Moïse».

La porte-parole d’Affaires mondiales Canada, Angela Savard, mentionne que «le Canada encourage tous les acteurs à entamer un dialogue inclusif afin de trouver des solutions durables pour la population haïtienne».

L’Agence France-Presse rapportait dimanche que selon le ministre de la Justice haïtien, Rockefeller Vincent une «tentative de coup d’État» aurait été déjouée. Le président Moïse clamerait avoir échappé à une tentative d’assassinat.

 

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