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16:00 6 mai 2021 | mise à jour le: 6 mai 2021 à 16:46 temps de lecture: 4 minutes

«Sans vaccin, pas de retour à la vie normale», dit le Dr Karl Weiss

«Sans vaccin, pas de retour à la vie normale», dit le Dr Karl Weiss
Photo: Josie Desmarais/MétroUn homme reçoit le vaccin Pfizer-BioNTech contre la COVID-19 au centre de vaccination du Stade olympique.

Dr Karl Weiss, chef de la Division des maladies infectieuses de l’Hôpital général juif de Montréal, établit qu’une sortie de pandémie est liée à la vaccination, lors d’une vidéoconférence avec la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain (CCMM), jeudi.

Le Dr Weiss annonce la couleur en indiquant que les coronavirus sont là pour rester puisque ceux-ci sont transmissibles à d’autres mammifères comme la chauve-souris. «Même si on arrivait à vacciner tout le monde, il pourrait rester des foyers ici et là. C’est donc une guerre de longue haleine, peut-être de 4, 5 ans.»

«La plus grosse étude jamais faite sur la vaccination réalisée en Israël, et publiée récemment, montre qu’avec deux doses 97% de la population était protégée et ce dans toutes les catégories d’âge», rassure-t-il.

Le plus important pour Karl Weiss est de tirer les leçons de ce coronavirus. «Il est primordial d’avoir une capacité de production de vaccin locale pour ne pas être dépendant du reste du monde.»

Le docteur constate que l’arrivée de la COVID-19 est venue changer le monde, entre récession mondiale, baisse du mouvement commercial et des populations, et baisse de la pollution. «Au 10 mars 2020, il y avait 116 000 cas avérés, au 8 mars 2021, 117 millions. En un an, il y a eu mille fois plus de cas mais ce nombre est certainement plus élevé puisque des pays ne font pas de décompte absolu.»

Face à ces constats, le milieu des affaires se questionne sur un futur déconfinement.

«Il n’y a pas de réponse automatique, mais il est clair que la vaccination est signe de sortie de crise surtout en direction des populations à risques car une fois ceux-ci vaccinés, le risque de noyer les hôpitaux de patients COVID-19 graves est faible.» – Dr Karl Weiss, chef de la Division des maladies infectieuses de l’Hôpital général juif de Montréal.

Le Dr Karl Weiss assure que la sortie de pandémie ou le début d’un déconfinement va de pair avec la vaccination et prend en exemple des pays comme Israël qui a choisi une campagne de vaccination massive au plus tôt.

«Israël est le premier pays à être quasiment sorti de cette pandémie et à reprendre une vie normale que ce soit au niveau économique ou social.»

Il ajoute qu’un savant équilibre entre vaccination et réouverture est de mise. Il prend le cas du Chili qui a déconfiné trop tôt et qui a vu la courbe de nouveaux cas augmenter plus vite que sa campagne de vaccination en cours.

Couacs au Canada

Le docteur explique que le Canada ne se situe pas dans le peloton de tête des pays vaccinés à l’échelle mondiale, notamment car le pays a été long à partir de la ligne de départ. «Pour toutes sortes de raisons, la campagne de vaccination au Canada a été longue à démarrer, que ce soit l’approvisionnement, la fabrication extérieure ou même le marché canadien qui n’était pas considéré comme un marché prioritaire pour les compagnies.»

Il indique que le Canada a eu un problème dans la capacité d’avoir des vaccins et «il ne s’est pas passé grand-chose jusqu’au mois de mars», mais le pays a désormais l’aptitude d’administrer 300 000 doses par jour.

De plus, le docteur considère que le Canada a raté le virage des tests rapides. «À l’échelle logistique, les tests rapides auraient dû être plus utilisés par les industries, les écoles ou les lieux de rassemblements. Le carcan administratif mis autour de ces tests a freiné leur utilisation.»

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