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16:12 13 mai 2021 | mise à jour le: 13 mai 2021 à 17:08 temps de lecture: 3 minutes

Logement: une autre voix réclame un moratoire sur les évictions

Logement: une autre voix réclame un moratoire sur les évictions
Photo: Dominic Gildener/Métro MédiaPlusieurs résidents du Manoir Lafontaine s’opposent à ce qu’ils considèrent être des «rénovictions».

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) met sur la table des propositions visant à combattre la crise du logement qui sévit. Le NPD entend construire 500 000 logements abordables en 10 ans dans tout le Canada, instaurer une taxe contre la spéculation immobilière et souhaite imposer un moratoire sur les évictions.

En entrevue avec Métro, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a d’emblée assuré que la crise du logement était réelle et pour y remédier, il propose des mesures à court et à long terme.

Pour répondre de manière rapide aux conséquences néfastes de la pression locative, le NPD se dit favorable à la suspension des évictions pendant la crise sanitaire, à l’instauration d’un moratoire à ce sujet et des subventions pour les loyers résidentiels.

À long terme, Jagmeet Singh est prêt à investir massivement dans les logements abordables et réduire la pression spéculative étrangère via une taxe fiscale fédérale. En tout, ce projet de construction fournirait 500 000 logements abordables de tout types sur 10 ans et devrait avoisiner les 14 G$. «C’est quelque chose de massif, mais je pense qu’on doit répondre à l’ampleur du problème.» Avec environ 50 000 logements par an, le NPD s’alignerait sur les besoins du Québec selon le FRAPRU.

«Construire beaucoup de nouveaux logements abordables, c’est un élément clé pour la relance, cela va créer des emplois mais cela va aussi aider à combattre cette crise du logement.» – Jagmeet Singh, chef du NPD

Le chef du NPD prend l’exemple de la Colombie-Britannique qui impose une taxe de 20% aux achats immobiliers faits par des étrangers. «On vise l’application d’une telle taxe à l’échelle nationale dont l’objectif n’est pas forcément d’augmenter les recettes fiscales mais de dissuader ces arrivées d’investisseurs spéculateurs. La Colombie-Britannique a démontré que cela fonctionnait.» Cependant, il n’exclut pas une idée similaire à l’intention des spéculateurs canadiens.

Ces deux propositions, «audacieuses comme toutes les propositions du NPD», décrit-il, auront besoin d’un appui politique plus large pour devenir concrètes, mais monsieur Singh promet de continuer à «mettre la pression sur le gouvernement fédéral».

De plus, M. Singh considère les actions fédérales passées concernant le logement comme insuffisantes.

Le dernier budget fédéral de 2021 de la ministre des Finances, Chrystia Freeland, prévoyait une taxe nationale annuelle de 1% sur la valeur des biens immobiliers résidentiels appartenant aux personnes non-résidents et non-Canadiens qui sont considérés comme vacants ou sous-utilisés, à compter du 1er janvier 2022.

Dans ce même budget, des investissements multiples permettraient la création de 35 000 logements abordables en sept ans.

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