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COVID-19: les jeunes ont été les plus infectés avant la 3e vague

Un enfant se fait prendre la température par une dame portant une visière contre la COVID-19
Tous les parents dont les enfants fréquentent les écoles et les garderies sélectionnées sont invités à inscrire ceux-ci afin qu’ils participent à l’étude. Photo: Dan Kitwood/Getty Images

Les enfants et les jeunes canadiens de 1 à 19 ans ont été ceux qui ont développé le plus d’anticorps à la suite d’infections au Sars-Cov-2 par rapport au reste de la population, avant l’arrivée de la 3e vague, révèle Statistique Canada.

L’étude met en évidence que le taux global de séroprévalence d’anticorps contre le SRAS-CoV-2 s’élevait à 3,4 % chez les enfants et les jeunes âgés de 1 à 19 ans entre novembre 2020 et avril 2021. Il est à 2,9 % pour les Canadiens âgés de 20 à 59 ans et à 1,4 % chez les Canadiens âgés de 60 ans ou plus.

Comme la phase de vaccination n’était pas encore ouverte à ce groupe d’âge, «presque tous ces enfants et jeunes avaient des anticorps à la suite d’une infection antérieure», souligne l’étude.

«Plus de 10 000 Canadiens âgés d’au moins un an de partout au Canada ont participé à cette étude en envoyant un échantillon de sang par l’entremise de gouttes de sang séché et en répondant à un questionnaire, ce qui en fait une étude très représentative de la population du pays.»

Ron Gravel, directeur à Statistique Canada et responsable de l’étude

Toutefois, le fait que les jeunes représentent le groupe d’âge avec le plus haut taux d’anticorps est tout à fait compréhensible pour le professeur au Département des sciences biologiques et expert en virologie de l’UQAM Benoit Barbeau.

«Les jeunes sont beaucoup plus efficaces dans leur réponse immunitaire, ils ont tendance à développer plus d’anticorps que le reste de la population. Ce n’est d’ailleurs pas une mauvaise chose, car ils ont développé leur défense immunitaire. Cela les a certainement protégés.» Le professeur note que la réponse générale chez les jeunes est efficace même si certains ont eu des effets secondaires ou des complications plus sévères comme la maladie de Kawasaki.

D’autres facteurs ont pu contribué à une telle différence avec les autres groupes d’âge.

«Les jeunes sont plus souvent asymptomatiques, ce qui est plus difficile à détecter. Le virus a pu se transmettre plus facilement car les milieux scolaires sont des lieux de forte interaction, ce qui augmente les risques de transmission.» Le professeur précise que dès novembre, des mesures étaient mises en place pour contrer les éclosions, notamment des mises en quarantaine, ou des tests obligatoires pour les enfants d’une même bulle si un cas positif se révélait.

Benoit Barbeau, professeur au Département des sciences biologiques et expert en virologie de l’UQAM.

Ces données proviennent de l’Enquête canadienne sur la santé et les anticorps contre la COVID-19 de Statistique Canada, réalisée en partenariat avec le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19, l’Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada.

Questionné sur ces constatations, le Ministère de la Santé et des services sociaux (MSSS) mentionne que le scénario final pour la rentrée scolaire tiendra compte de plusieurs facteurs dont la couverture vaccinale et la situation épidémiologique.

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