Soutenez

Une grande histoire du Québec

Les archéologues du Québec ont fouillé, au cours des 40 dernières années, 9 000 sites. Ces recherches leur ont permis d’esquisser l’histoire de la province, de ses peuples anciens et de leur évolution. Il reste cependant encore beaucoup de travail à faire avant de pouvoir lier entre elles toutes les histoires mises à jour par des fouilles.

«Un des grands défis qui attend les archéologues, c’est de faire une synthèse des travaux qui ont été effectués dans les différentes régions, a indiqué Sophie Limoges, présidente du Réseau Archéo-Québec et directrice de la conservation et des programmes publics du musée Pointe-à-Callière. Après 40 ans de recherches, on se retrouve avec plusieurs petites histoires qui n’ont pas été ficelées entre elles.»

La perspective de concevoir une telle synthèse fait rêver Mme Limoges, qui est archéologue de formation. Le manque de financement pourrait toutefois retarder de plusieurs années encore sa réalisation. «Ce ne sont pas les ressources humaines qui manquent, a précisé Sophie Limoges. Les gens sont là, ils sont compétents. Le problème tient plutôt au financement accordé aux projets.»

En attendant que cette lacune soit corrigée, les archéologues ne chômeront pas. Uniquement à Montréal, trois grands projets sont menés par le musée Pointe-à-Callière, en vue de son expansion.

Depuis le mois de mai, les archéologues du musée, en collaboration avec l’Université de Montréal, travaillent à mettre à jour le fort Ville-Marie, qui aurait accueilli, au 17e siècle, Paul Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance. Les fouilles sont menées dans un entrepôt de la place d’Youville.

«Aucune cave n’a jamais été creusée à cet endroit, ce qui fait que les vestiges sont en bon état, a indiqué Mme Limoges. Là, on commence à comprendre la vie dans le bâtiment.»

Les écrits historiques avaient permis aux archéologues de déterminer que le fort se trouvait sur l’ancienne Pointe-à-Callière, où le gouverneur Hector de Callière avait fait construire sa demeure à la fin du 17e siècle. Il aura toutefois fallu quelques années pour trouver où exactement les vestiges se trouvaient sur le site.

Des fouilles seront également menées au cours des prochaines semaines dans la Maison des marins, voisine du musée Pointe-à-Callière, sur la place d’Youville. Les archéologues espèrent y trouver les vestiges de la Foire des fourrures. «On pourrait aussi trouver des vestiges des fortifications de Montréal, a souligné Sophie Limoges. Ces fouilles pourraient être assez riches en découvertes.»

Le troisième site, qui fait l’objet de fouilles archéologiques depuis quelques semaines, a accueilli, au 17e siècle, le marché Sainte-Anne, puis le parlement du Canada-Uni. Les fouilles, qui sont visibles à l’angle de la place d’Youville et de la rue McGill, doivent se poursuivre jusqu’au mois d’octobre. Le site, qui accueillait jusqu’à récemment un stationnement, sera par la suite réaménagé en espace vert par la Ville de Montréal.

Les Montréalais devraient toutefois pouvoir découvrir le site de l’ancien marché à compter de 2017. «Un des grands projets du musée Pointe-à-Callière est d’ouvrir le collecteur Saint-Pierre, qui relie le musée et le site du marché Sainte-Anne, a expliqué Sophie Limoges. Les visiteurs pourraient circuler dans le collecteur jusqu’à la rue McGill pour atteindre une grande agora. De là, ils pourraient rejoindre le sous-sol de l’édifice des douanes du Canada, où une salle d’exposition de calibre international serait aménagée.»

Les curieux seraient alors plongés dans une parcelle de l’histoire de Montréal que les archéologues travaillent présentement à déterrer.

L’inconnu

Même si plusieurs découvertes ont été faites au fil des ans, Montréal recèle encore plusieurs secrets que Sophie Limoges, présidente du Réseau Archéo-Québec, aime­rait bien percer. Le passage de Samuel de Champlain à Montréal consti­tue l’une des plus grandes quêtes des archéologues.

«Champlain a nommé, en 1611, la place Royale. On aimerait trouver des traces de ce séjour à Montréal, a expliqué Mme Limoges. Champlain est lié à la fondation de Québec, mais il avait aussi des intentions pour Montréal.» Les fouilles qui ont cours sur le site de l’ancien fort Ville-Marie pourraient aussi donner lieu à de nouvelles recherches. «On aimerait trouver d’autres traces du fort.»

Le Mois de l’archéologie

Le Mois de l’archéologie, qui en est à sa septième présentation, a gagné en popularité au fil des ans. À sa première année, l’événement avait attiré 3 000 Àparticipants. En 2010, quelque 55 000 personnes y ont pris part. Cette année, le Mois de l’archéologie est consacré à l’alimentation, un thème rassembleur qui permet de découvrir les bases de la vie des populations d’autre­fois. À Montréal, plusieurs activités sont organisées :

  • Visite du site archéolo­gique du monument à Simon McTavish, situé à l’entrée du parc du Mont-Royal, le 15 août, à 10 h.

  • Visite de la maison Nivard de Saint-Dizier, la plus ancienne maison de Verdun et l’une des premières maisons de ferme de l’île de Montréal, le 20 août, de 13 h à 15 h.

  • Visite de la Réserve des collections archéologiques, un lieu qui est habituellement fermé au public, le 25 août, à 14 h et à 17 h.

  • Découverte du circuit Montréal, ville fortifiée, qui permettra d’explorer le paysage urbain du Montréal du 18e siècle, le 31 août, à 10 h et à 14 h.

Site du Mois de l’archéologie : www.moisdelarcheo.com

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.