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72% des employeurs évitent les candidats avec un casier judiciaire

des menottes et des empreintes digitales symbolisant une personne avec un casier judiciaire.
Photo: Olga Yastremska/123RF

Malgré la pénurie de main-d’œuvre, moins de trois employeurs sur 10 (28%) se disent prêts à embaucher une personne ayant un casier judiciaire. Les employeurs les plus ouverts sont ceux des domaines de l’exploitation des ressources naturelles, de la fabrication et du transport. 

C’est ce que révèlent les résultats d’un sondage Léger portant sur la perception des employeurs du Québec à l’égard des personnes possédant un casier judiciaire dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre.

Ces résultats ont été dévoilés par le Comité consultatif pour la clientèle judiciarisée adulte (CCCJA) dans le cadre de la Semaine de la réhabilitation sociale du Québec, qui se déroule jusqu’au 17 octobre.

Le président du CCCJA, Patrick Pilon, constate qu’il y a effectivement encore beaucoup de travail à faire en matière de sensibilisation. C’est pourquoi le comité lance une campagne de sensibilisation auprès des employeurs et de la population pour encourager l’embauche des travailleurs ayant des antécédents judiciaires.

«Notre travail est de rappeler que les personnes judiciarisées sont prêtes à intégrer le marché du travail et qu’il y a de l’accompagnement possible pour les employeurs qui ont besoin d’aide afin de combler des postes», ajoute M. Pilon.

Environ 14% des adultes québécois ont un casier judiciaire, en majorité des hommes.

Non catégorique pour le tiers des répondants

Si une grande proportion d’employeurs déclarent faire face à des défis en matière d’embauche (64%), 38% d’entre eux ne seraient pas à l’aise d’engager une personne ayant un casier judiciaire. Une autre tranche de 33% ne sait pas si elle serait prête à le faire.

Les principaux freins à l’embauche sont la peur ou la méfiance (65%), la perception des personnes en dehors de l’entreprise (40%), les autres employés de l’entreprise (24%) et le manque de compétences (20%).

Les femmes (45%), les 35-54 ans (48%) et le secteur de la santé et des soins (64%) sont les plus réfractaires à une telle embauche. 

Il faut noter que l’avis des gens sondés n’est toutefois ni définitif ni tranché, puisque la majorité (73%) des décisionnaires déclarent que leur décision peut être influencée par l’infraction commise. 

Cependant, le sexe de la personne en question n’est pas un facteur déterminant pour la décision d’embauche. En effet, près de neuf décisionnaires sur 10 déclarent que le genre n’influencerait pas leur décision.

De plus, une majorité de répondants (56%) souhaiteraient recevoir de l’aide d’une organisation pour les démarches d’embauche ou d’intégration.

Des secteurs plus ouverts

À l’inverse, les entreprises opérant dans les secteurs de l’exploitation, de la fabrication et du transport se montrent plus ouvertes (55%).

Si 16% des employeurs sondés ont déjà embauché une personne avec un casier judiciaire, cette proportion grimpe à 37% dans ces trois domaines.

De plus, 11% des employeurs comptent une personne avec un casier judiciaire parmi leurs employés. Encore une fois, ce pourcentage grimpe à 30% dans les secteurs de l’exploitation, de la fabrication et du transport.

D’ailleurs, la grande majorité (89%) de ces expériences d’embauche étaient globalement positives. 

Le sondage a été mené du 9 au 21 septembre 2021 par la firme Léger auprès de 500 personnes qui exercent une influence ou ont un pouvoir décisionnel sur l’embauche dans le cadre de leurs fonctions professionnelles au Québec.

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