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Santé: mise en demeure pour abolir le temps supplémentaire obligatoire

Photo: iStock

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a envoyé une mise en demeure au gouvernement du Québec pour son utilisation «abusive» du temps supplémentaire obligatoire (TSO). Il faut y mettre fin d’ici le 15 novembre, exige le syndicat.

Le réseau de la santé est «manifestement en danger», puisqu’en raison de l’utilisation du temps supplémentaire obligatoire, les services prodigués ne sont parfois pas sécuritaires. Cela contrevient à la Loi sur la santé et des services sociaux, estime-t-on.

«Les nombreuses fermetures de centre d’activités, le délestage, les plans de contingence contribuent à mettre le réseau de la santé à risque plaçant ainsi les professionnelles en soins et les patients en danger», affirme la FIQ dans la mise en demeure consultée par Métro.

Les «conditions inacceptables» feraient en sorte que les professionnelles en soins éclatent régulièrement «en sanglots au cours de leur prestation de travail» en plus de tenir «des propos suicidaires directement liés à l’utilisation excessive du TSO».

Solutions proposées

Pour mettre fin aux TSO, il faut implanter des ratios professionnels/patients, propose-t-on. «Si le réseau de la santé ne dispose pas du personnel suffisant pour assurer la sécurité des soins, vous devez ajuster votre offre de services plutôt que d’imposer une charge démesurée aux équipes de travail réduites et épuisées», plaide-t-on également.

Les établissements qui «recourent systématiquement» au TSO doivent se voir imposer des pénalités, demande-t-on. Une compensation monétaire ou en «temps chômé» aux infirmières pour chaque quart de TSO effectué.

«C’est à vous de sanctionner ce recours systématique pour que son usage abusif cesse définitivement», exige la FIQ au gouvernement.

La FIQ aurait mené plusieurs interventions au gouvernement qui sont cependant restées lettre morte, «malgré l’urgence de la situation». C’est pourquoi une mise en demeure a été déposée, et que «des recours appropriés» pourraient être adoptés si Québec refuse d’annuler les TSO.

Une étape à la fois

Alors que l’opposition demande également au gouvernement de cesser le recours au TSO, le gouvernement s’attaque au problème autrement. D’abord, il faut que des infirmières réintègrent le réseau pour pouvoir limiter le temps supplémentaire, explique-t-on.

La stratégie de la CAQ consiste à offrir des primes aux infirmières, afin de les amener à réintégrer le réseau de santé à temps plein. Celles qui seront restées en place, qui sont revenues d’une retraite ou qui auront accepté de passer à un horaire à temps plein se verront octroyer des primes oscillant entre 12 000$ et 18 000$.

Au-delà des primes, des mesures seront prises pour améliorer les conditions de travail du personnel soignant. Parmi les mesures proposées, on retrouve l’embauche de 3000 agents administratifs d’ici le printemps 2022. Ceux-ci viendront libérer les infirmières de la «paperasse», qui représenterait 30% de leur travail.

Les infirmières du réseau public auront un accès prioritaire aux meilleurs horaires devant les agences privées de placement. Le modèle de gestion sera décentralisé, ce qui laissera plus d’autonomie aux équipes locales dans la composition des quarts de travail.

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