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Ces femmes qui résistent à l’agresseur

Photo: Getty Images/iStockphoto

En suivant son intuition et en se faisant confiance, il est possible de repousser un agresseur. C’est le message que souhaite faire passer le Centre de prévention des agressions de Montréal (CPAMPAC), en lançant mercredi un recueil de témoignages de femmes qui se sont défendues avec succès.

«Il m’a pris par en arrière et il avait un couteau. Il m’a dit de marcher et je l’ai fait. Alors, j’ai eu une chance de sortir et j’ai couru. J’ai vu une buanderie ouverte, je suis rentrée et j’ai fait appeler la police.» Voici un exemple parmi les faits vécus révélés en français, en anglais et en espagnol dans le recueil Les femmes racontent leurs histoires. L’autodéfense en action. Certaines femmes confrontent leur agresseur verbalement, d’autres le repoussent physiquement, mais toutes réussissent à l’éloigner pour de bon.

L’idée derrière cet ouvrage était d’offrir aux femmes une approche positive. «Beaucoup de ressources sur la prévention des agressions sont axées sur les règles que les victimes potentielles doivent suivre. Ils prescrivent où ne pas aller, quoi ne pas faire, quoi ne pas porter, estime Leona Heillig, auteure du livre et formatrice au CPAMPAC. J’appelle ça le contrôle de la victime.» Selon elle, cette approche limite la liberté des femmes et risque de les culpabiliser dans les cas où elles ne pourraient pas suivre ces directives.

Et même si elles font «tout ce qu’il faut», il n’est pas toujours possible d’éviter une agression. En fait, beaucoup de femmes ont déjà subi un attouchement non souhaité, des paroles insultantes, une attitude menaçante, qui leur ont causé de l’inconfort et de la peur. C’est en proposant des stratégies simples, soutenues par des exemples de succès, que Leona souhaite donner confiance aux lectrices.

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Leona a mis deux ans à récolter ces témoignages, notamment lors de cours d’autodéfense et d’ateliers de prévention dans des maisons d’hébergement. Ana, une latina dans la quarantaine, est l’une de celles qui ont accepté d’y contribuer. «Je voulais partager ce que j’ai vécu pour que ça aide d’autres femmes», affirme-t-elle. Elle estime avoir été agressée verbalement plusieurs fois parce qu’elle est immigrante et parle français avec un fort accent.

Béatrice expose aussi plusieurs de ses expériences personnelles dans le livre. «Un gars que j’ai rencontré en voyage a voulu me présenter à sa famille, raconte la jeune femme. Cependant, il ne m’a pas emmenée chez lui, mais dans une chambre où nous étions seuls. Il a mis sa main sur ma cuisse et m’a fait des avances. Alors, je l’ai regardé dans les yeux et je lui ai dit : «Non. Viens, on s’en va». Puis j’ai ouvert la porte et on est sorti.»

Le livre est disponible gratuitement en version papier au CPAMPAC ou en version PDF sur leur site web. Il est aussi possible d’appeler pour le commander.

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