Des enseignants dénoncent le BAC obligatoire aux infirmières
Les enseignants du programme collégial en soins infirmiers ont réitéré leur crainte qu’une formation universitaire obligatoire entraînerait une pénurie d’infirmières et diminurait la qualité des soins.
«70% du personnel infirmier oeuvrant dans les milieux de santé est formé dans les collèges, et le public et les employeurs se sont toujours montrés satisfaits», a déclaré Micheline Thibodeau, vice-présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), dimanche, à l’occasion de la Journée internationale des infirmières.
Rappelons qu’un groupe interministériel évalue depuis plusieurs mois une proposition mise de l’avant par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), afin que le baccalauréat devienne l’unique diplôme pour accéder à la profession. Le FNEEQ ne siège pas sur ce comité, qui remettra ses recommandations au ministère de la Santé le 18 juin.
Mme Thibodeau ajoute que les études menées par son syndicat montrent qu’en exigeant un BAC, un grand nombre d’individus se décourageront d’effectuer la formation de 5 ans, et la pénurie d’infirmières ne fera qu’augmenter.
Dans une entrevue passée avec Métro, la présidente de l’OIIQ, Lucie Tremblay, avait expliqué qu’une formation plus poussée est nécessaire puisque le vieillissement de la population entraîne une complexité dans l’administration des soins.
«La formation universitaire est plus théorique et davantage axée sur des éléments de gestion. Est-ce vraiment nécessaire d’obliger toutes les infirmières à la suivre? J’en doute sérieusement», a lancé Claudine Jouny, enseignante en soins infirmiers au cégep du Vieux Montréal.