Soutenez

Mike Duffy quitte le caucus conservateur

OTTAWA – Pris dans un scandale grandissant au sujet de ses réclamations d’allocation de résidence, le sénateur Mike Duffy a remis sa démission du caucus du Parti conservateur et siégera désormais à titre d’indépendant.

Il y a une semaine à peine, le gouvernement conservateur avait louangé le leadership de M. Duffy, pour avoir remboursé sans attendre la somme de 90 000$ qu’il avait reçue du Sénat pour des allocations de résidence secondaire.

Mais depuis, le vent a tourné et le Parti conservateur ne semble plus vouloir protéger son sénateur.

«Il y a un nombre grandissant de questions au sujet du comportement de M. Duffy qui demeurent sans réponse. M. Duffy devra y répondre à titre de sénateur indépendant», a confié une source conservatrice jeudi soir.

Non seulement le sénateur Duffy s’est fait reprocher d’avoir réclamé ces allocations de logement sans raison, il est depuis montré du doigt pour avoir accepté un chèque de 90 000$ de Nigel Wright, le chef de cabinet de Stephen Harper, justement pour rembourser le Sénat. Le bureau du premier ministre a qualifié la somme de «cadeau», sans expectative de remboursement. Mais M. Duffy avait affirmé au réseau CTV qu’il avait plutôt contracté un prêt pour retourner l’argent dû au Sénat.

À tout cela s’ajoute le fait que le sénateur aurait possiblement réclamé de la Chambre haute le remboursement de dépenses alors qu’il faisait campagne en 2011 pour aider le Parti conservateur à se faire réélire, selon ce qu’a révélé La Presse Canadienne.

Ce sont ces derniers faits qui semblent avoir fait réagir le Parti conservateur au pouvoir.

«La déclaration de M. Duffy sur l’existence d’un prêt bancaire était une surprise. Toutes les révélations au sujet des dépenses de campagne sont nouvelles», a précisé la même source conservatrice.

Quant à Nigel Wright, il semble s’en sans sortir sans trop d’égratignures.

«M. Wright garde la confiance du premier ministre», avait fait savoir un porte-parole du bureau de M. Harper, plus tôt jeudi. Et cela, malgré le «cadeau», qu’il dit avoir fait à l’insu du premier ministre.

Dans un bref communiqué publié jeudi soir, M. Duffy a reconnu que la controverse à laquelle il est mêlé est devenue une distraction pour ses collègues du caucus et du gouvernement.

«Parce que ma présence au sein du caucus conservateur contribue à cette distraction, j’ai décidé de quitter le caucus et de siéger à titre d’indépendant, le temps que ces questions soient résolues», indique le populaire sénateur qui était présent lors de nombreux événements de financement du parti.

«Durant toute cette situation, mon unique souci a été de faire ce qu’il fallait faire. J’ai bon espoir de voir tous les éléments pertinents être exposés en temps utile et, à ce moment, j’espère être en mesure de regagner les rangs du caucus conservateur.»

La leader du gouvernement au Sénat, Marjory LeBreton, a confirmé jeudi soir avoir reçu la lettre de démission du caucus de la part de M. Duffy.

Et parce qu’une mauvaise nouvelle arrive rarement seule, le réseau CTV a également rapporté jeudi soir des allégations selon lesquelles Mike Duffy aurait fait du lobbying pour tenter d’influencer le CRTC au sujet d’une demande du réseau Sun Media.

Les réclamations de dépenses du sénateur Mike Duffy, comme celles de Marc Harb et Patrick Brazeau, ont été récemment examinées par la firme comptable Deloitte, à la demande d’un comité sénatorial.

Deloitte a conclu que le sénateur Duffy vit principalement à Ottawa — plutôt qu’à l’Île-du-Prince-Édouard — mais que les règles qui permettent la réclamation d’allocations pour une résidence secondaire dans la capitale nationale ne sont pas claires.

Ces allocations sont offertes aux sénateurs qui habitent à plus de 100 kilomètres du Parlement. Elles visent à aider ces sénateurs à défrayer les coûts d’une résidence secondaire pendant les travaux du Sénat. Les membres de la Chambre haute sont tenus d’avoir leur résidence principale dans la province qu’ils représentent.

La nouvelle de la démission du sénateur survient le jour même où le Nouveau Parti démocratique (NPD) a demandé à la conseillère sénatoriale en éthique de faire enquête sur le cadeau de 90 000 $ de Nigel Wright au sénateur Duffy.

Les sénateurs Mac Harb et Patrick Brazeau contestent tous deux devoir rembourser leurs allocations de résidence secondaire.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.