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Le web, nouvelle cible pour la lutte contre l’homophobie

Photo: Métro
Laurence Houde-Roy - Métro

La lutte contre l’homophobie se déplace sur le web, alors que 58% de la population canadienne dit avoir été témoin de propos homophobes sur les médias sociaux, selon un sondage de la Fondation Émergence. Facebook arrive au premier rang, avec 45% des répondants qui y ont observé ce genre de commentaires.

«C’est très important comme résultat, c’est au-delà de ce qu’on estimait», clame Laurent McCutcheon, l’ex-président et fondateur de ce groupe qui lutte contre l’homophobie.

Un fait encore plus inquiétant selon eux, près du tiers des canadiens auraient eux-mêmes partagé «des commentaires amusants à l’égard de l’homosexualité» à leurs abonnés. Au Québec, le taux diminue à 15%.

«On a fait des progrès, mais le nouveau véhicule de l’homophobie ce sont les médias sociaux, en raison de l’anonymat, la facilité et l’absence de censure», note M. McCutcheon, qui reconnaît que le caractère international des médias sociaux favorise la transmission d’informations offensives. De fait, la dernière année aura été chargée sur la question de l’homosexualité, notamment avec le vote sur le mariage gai, en France, qui a suscité plusieurs réactions défavorables sur internet.

Plus rapide que les conversations de cours d’école, le partage sur le web est un obstacle majeur pour les victimes. «On peut partager un propos homophobe à un grand nombre de personnes en un clin d’œil. Ça ne donne pas de temps de réaction à la victime pour se préparer à faire face à la situation», souligne Jean-Paul Lachapelle, vice-président de la Fondation Émergence.

La campagne 2013 de la Fondation Émergence compte utiliser le terrain web pour concentrer leurs efforts. «Si l’homophobie est véhiculée dans les médias sociaux, utilisons les médias sociaux pour combattre l’homophobie», explique M. McCutcheon.

Un inconfort toujours présent

Les organisateurs font état de progrès notables dans la lutte contre l’homophobie, depuis la première campagne de 2003.

Mais le travail est encore à faire. «Voir deux hommes s’embrasser, c’est encore difficile pour la population», souligne Laurent McCutcheon.

Près des deux tiers de la population n’ont pas de soucis à voir deux femmes s’embrasser. Toutefois, plus de la moitié de la population reste inconfortable à voir deux hommes homosexuels.

 

L’Alberta, moins ouverte à l’homosexualité

Détail du sondage Léger Marketing, réalisé en avril 2013, à la fin de la campagne télévisée de lutte contre l’homophobie du gouvernement du Québec avec 1500 répondants canadiens entre 18 et 65. ans

Répondants ayant été témoins de propos désobligeants à l’égard de personnes homosexuelles dans ces différentes plates-formes:

 Facebook

Canada : 45%

Québec : 42%

Alberta : 45%

Twitter 

Canada : 33%

Québec: 16%

Alberta : 43%

Blogues

 Canada : 43%

Québec : 35%

Alberta : 48%

Répondants ayant partagé des propos «amusants ou désobligeants» à l’égard de personnes homosexuelles :

Canada : 24%

Québec : 15%

Alberta : 28%

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