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Un locataire sur cinq a du mal à payer son loyer

Un homme entouré de factures se tient la tête en signe de frustration.
Photo: midiaphotos via Canva.com

Une nouvelle étude réalisée par Léger pour l’organisme Vivre en Ville brosse un portrait préoccupant de la situation locative au Québec. Pour la première fois, les données indiquent qu’un locataire sur cinq a éprouvé de la difficulté à payer son loyer au cours de la dernière année.

Selon Vivre en Ville, cette proportion représenterait plus de 700 000 personnes à l’échelle de la province. L’étude suggère aussi que le phénomène n’est pas ponctuel. Plus d’un locataire sur dix aurait vécu cette difficulté à plusieurs reprises. À Montréal, une personne sur quatre aurait eu du mal à payer son loyer en 2025.

Ces résultats sont dévoilés alors que le Québec s’apprête à entrer dans un nouveau cycle électoral et au moment où le Tribunal administratif du logement (TAL) fixe ses recommandations en matière d’augmentation de loyers.

Ces chiffres sont un signal d’alarme. Un locataire sur cinq qui peine à payer son loyer, ce n’est plus une crise isolée, c’est une urgence sociale qui frappe le Québec de plein fouet.

Christian Savard, directeur général de Vivre en ville

L’organisme met particulièrement en lumière la situation des 35 à 54 ans. D’après les données rapportées, près du tiers de ces locataires (31%) aurait eu de la difficulté à «joindre les deux bouts». Vivre en Ville associe cette pression à l’évolution récente des loyers. Le loyer moyen aurait augmenté d’environ 150$ par mois depuis 2023, soit près de 1800$ de plus par année.

Vivre en Ville réitère sa demande de mettre en place un registre universel des loyers. Ceci permettrait de mieux documenter l’évolution des prix.

Le directeur – Habitation de Vivre en Ville, Adam Mongrain, soutient que cette hausse pèse sur des ménages actifs sur le marché du travail et parfois avec des personnes à charge. Il affirme que cette réalité contribue à transformer le visage de la précarité et de l’itinérance.

Dans le communiqué, l’économiste Geoffroy Boucher, de l’Observatoire québécois des inégalités, avance que la crise du logement accentue les inégalités au Québec. Les données publiées pourraient orienter l’élaboration de solutions en matière d’abordabilité.

Bémol sur la construction résidentielle

Vivre en Ville souligne par ailleurs que, malgré certains signaux d’amélioration de l’offre dans «certains segments du marché» — notamment à la lumière de données récentes sur les taux d’inoccupation et les mises en chantier — la situation «stagne ou s’empire» pour une large part de la population.

Les dernières données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement montrent une accélération notable de la construction résidentielle. Le nombre de mises en chantier a augmenté de 32% au Québec et de 58% à Montréal. Les logements locatifs représentent la vaste majorité des unités en chantier (80%).

L’accélération de la construction pourrait alléger la pression sur les loyers. Surtout étant données les annonces récentes pour accélérer encore la construction. Québec compte construire 9000 logements abordables cette année, alors que la province et le fédéral ont signé une entente pour le financement des projets de logement. De son côté, Montréal a annoncé deux mesures pour retirer des barrières réglementaires.

David Goulet, directeur économique à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec, invite à la prudence. «Nous devons prendre grand soin de ne pas crier victoire trop vite», dit-il. «Il est impératif de comprendre comment le stock résidentiel évolue et quelle est la réelle capacité de payer des ménages. Nous voyons bien que les gens ont de moins en moins d’options.»

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