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La FAE défend le droit des enseignants de porter des signes religieux

Il ne faut pas empêcher les enseignants et autres employés des écoles qui portent des habillements à connotation religieuse de travailler, soutient la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), «à moins que ceux-ci ne contreviennent aux règles de base de la sécurité et du professionnalisme».

«Interdire à un individu le port d’un vêtement à caractère religieux, ça n’assure pas la laïcité de l’État, a affirmé Sylvain Mallette, président de la FAE. C’est dans le comportement que ça se joue, et c’est pour ça qu’il faut instaurer des règles.»

La FAE, qui représente le tiers du personnel enseignant au Québec, se base ainsi sur le principe selon lequel la laïcité doit s’appliquer aux institutions plutôt qu’aux individus.

D’autre part, la FAE recommande aux commissions scolaires et aux directions d’établissement de refuser «toute demande d’accès à un local dans le but d’en faire un lieu de prière et toute demande d’exemption ou d’adaptation d’un cours pour des motifs religieux».

«Les écoles éprouvent des difficultés lorsque des parents demandent le retrait d’un cours parce qu’on y enseigne la théorie de l’évolution ou d’un autre en raison de la mixité, parce qu’il n’y a pas de règles qui encadrent ça, a fait ressortir M. Mallette. Le fait de pratiquer une religion ne doit pas entraîner l’octroi de droits supplémentaires.»

La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) demande d’ailleurs depuis 2010 au ministère de l’Éducation de produire un guide en matière d’accommodements religieux, afin d’uniformiser les réponses à ces demandes. Les positions de la FCSQ rejoignent en plusieurs points celles de la FAE, notamment concernant le port de signes religieux. «Il faut s’assurer d’une communication franche des enseignements avec les élèves. Une burqa n’est donc pas appropriée, admet Josée Bouchard, présidente de la FCSQ. Mais interdire le hijab pourrait entraîner un recul pour certaines femmes qui quitteraient le milieu du travail.»

La FAE demande aussi au gouvernement du Québec de mettre fin au financement public du réseau d’écoles privées, puisque plus de 50% de ces établissements sont confessionnels.

Ces propositions dévoilées mercredi sont le résultat de trois ans de réflexion et de consultation auprès des membres de la FAE.

Le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, s’est dit réjouit que la FAE apporte sa contribution au débat. Il n’a pas voulu commenter davantage, préférant prendre le temps d’analyser leur position.

Laïcité plutôt que valeurs
La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) favorise l’instauration d’une charte de la laïcité plutôt que d’une charte des valeurs québécoises. Puisque tous les citoyens n’ont pas les mêmes valeurs, il y aurait un certain danger à déterminer lesquelles sont bonnes ou non. «La laïcité, ce n’est pas une valeur, c’est un principe politique qui vient établir que l’État est séparé de la religion, qu’il est neutre et ne prend pas position pour une religion ou une autre», a fait valoir Sylvain Millette.

La FAE suggère que la Charte québécoise des droits et libertés soit modifiée pour y inclure la reconnaissance de la laïcité de l’État, et que le crucifix de l’Assemblée nationale soit déplacé ailleurs que dans le Salon bleu.

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