Charte des valeurs: Lisée veut un débat respectueux
Le ministre responsable de Montréal, Jean-François Lisée, a réclamé mardi matin un débat respectueux sur la charte des valeurs québécoises.
«Il est très important de dire à ceux qui se sentent visés par le débat, c’est-à-dire nos concitoyens de toutes les religions, qui font le choix parfaitement légitime de porter des signes religieux, qu’ils sont ici chez eux, qu’ils ont ce droit et qu’il est inacceptable pour qui que ce soit de leur reprocher ce choix», a déclaré M. Lisée, revenu à Montréal après un voyage en Afrique.
Il s’est dit déçu des personnes qui sont fermées à toutes discussion sur la charte des valeurs québécoises.
M. Lisée a tenu à défendre le projet de son collègue, Bernard Drainville, qui vise à proclamer la neutralité de l’État en empêchant ses employés de porter des signes religieux jugés ostentatoires. Il a qualifié cette proposition «d’équilibrée».
Il a souligné que le Québec s’est engagé sur le chemin de la neutralité de l’État il y a 50 ans et que depuis, il y a entre autres eu l’adoption de la loi 101 et la déconfessionnalisation des commissions scolaires.
«Aujourd’hui, on fait un pas de plus en disant que la neutralité de l’État, c’est aussi la neutralité des gens qui représentent l’État face à tous les citoyens», a-t-il dit. Il a noté que les employés de l’État ne peuvent pas afficher leurs convictions sociales et politiques.
Le ministre montréalais a toutefois admis qu’il est possible de bonifier la proposition de M. Dranville. «Ça n’existe pas un projet qu’on projet qu’on soumet à la discussion publique et qui n’est pas améliorée», a-t-il affirmé. Il a paraphrasé la première ministre, Pauline Marois, en disant que le gouvernement sera «ferme sur l’objectif, mais souple sur les moyens».
«On appelle les propositions et on conclura lors de l’écriture du projet de loi», a indiqué M. Lisée. Il entend être à l’écoute des diverses opinions, «particulièrement à Montréal».
Jean-François Lisée, s’est dit sensible aux particularités de la métropole. Il a d’ailleurs mentionné que l’idée du droit de retrait d’une durée de cinq ans offert aux municipalités, aux hôpitaux, aux cégeps et aux universités a été élaborée en pensant à Côte-Saint-Luc et à l’Hôpital général juif.
La semaine dernière, il y a eu une levée de bouclier à Montréal contre la charte des valeurs québécoises du gouvernement Marois. Les 15 maires des villes liées ont manifesté leur intention de s’y soustraire, tout comme les quatre principaux candidats à la maire de Montréal, soit Richard Bergeron, Denis Coderre, Marcel Côté et Mélanie Joly.
En plus, des établissements de santé affiliés à l’Université McGill ont annoncé mardi qu’ils entendaient laisser leur personnel libre de porter ou non des signes religieux. «Ce choix ne gêne en rien la capacité de quiconque à s’acquitter de ses activités professionnelles au sein de nos communautés universitaires et hospitalières», ont indiqué par communiqué les dirigeants du Centre universitaire de santé McGill, de l’Hôpital général juif, du Centre hospitalier de St. Mary, de l’Institut universitaire de santé mentale Douglas et de la Faculté de médecin de McGill.
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