Faire disparaître des gens: un métier!
«À cause de la barrière de la langue, Montréal est une bonne destination pour les Canadiens anglophones qui souhaitent disparaître sans laisser de trace.» L’homme qui le dit, Frank M. Ahearn, est un spécialiste de la question. Ancien détective privé spécialisé notamment dans la recherche de mauvais payeurs, ou de stars pour le compte de tabloïds, il a depuis ajouté une corde à son arc : il offre ses services à ceux qui veulent s’évanouir dans la nature.
«Les deux principales raisons pour vouloir disparaître sont la violence et l’argent», explique ce New-Yorkais de 48 ans qui a une trentaine de clients par année. Aux femmes violentées, il offre généralement ses services gratuitement, mais pour les hommes d’affaires qui veulent profiter de leur richesse et tirer un trait sur des relations tumultueuses, la note tourne autour de 20 000 $ et plus.
Car brouiller les pistes n’est pas chose facile dans un monde ultra-connecté. Sa recette comprend trois étapes: misinformation, disinformation et reformation. Elle consiste notamment à lancer d’éventuels détectives privés sur de fausses pistes en faisant effectuer des achats au nom du client disparu par un tiers dans des villes qui n’ont rien à voir avec celle dans laquelle s’est établie son client.
«En ouvrant un compte IBC (international business company), offert notamment dans de nombreux paradis fiscaux, on peut gérer son argent en toute légalité et sans laisser de trace», ajoute l’auteur, qui dévoile ses trucs dans How to Disappear. Ce type de compte donne de plus accès à une carte de crédit où les détails des transactions (heure, lieu) ne sont pas enregistrés. Avis aux Earl Jones de ce monde, M. Ahearn évite de faire affaire avec les personnes qui sont en délicatesse avec la loi ou qui veulent simuler leur mort pour disparaître.
Des raisons pour disparaître
Selon une étude de l’Université de York, sur les 2 000 disparitions étudiées au Royaume-Uni, seulement 17 % étaient non intentionnées. Des raisons médicales et psychologiques étaient alors généralement en cause, les raisons criminelles ne comptant que pour 1 % des cas.