Sables bitumineux: un agenda caché pour le gouvernement fédéral?
Le gouvernement fédéral aurait établi une «stratégie de défense des sables pétrolifères» selon ce que révèle le Réseau action climat. Dans un rapport publié lundi, le Réseau action climat affirme que «les représentants du gouvernement fédéral tentent systématiquement de détruire les politiques d’énergie propre et de lutte aux changements climatiques des autres pays afin de promouvoir les intérêts des sociétés pétrolières canadiennes».
Le ministère des Affaires étrangères serait responsable de cette stratégie. «Nous avons la preuve que le gouvernement Harper intervient de façon agressive en Europe et aux États-Unis pour détruire les politiques d’énergie propre au nom de la promotion des sables bitumineux, a affirmé Graham Saul, du Réseau action climat Canada. Le Canada ne fait pas seulement qu’exporter du pétrole sale, nous exportons aussi des politiques sales.»
Réseau action climat a indiqué avoir bâti sa preuve sur des documents obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. Ces documents démontreraient que d’importants efforts de lobbyisme de la part des gouvernements du Canada et de l’Alberta ont été faits afin de contrer des politiques d’énergie propre en Californie, aux États-Unis et en Europe. «À l’aube de la conférence de l’ONU sur le climat, à Cancun, il est révoltant de constater que le gouvernement Harper, après avoir été critiqué pour ses faibles cibles de réduction et ses positions de négociation non constructives, tente de miner les politiques climatiques des autres pays et juridictions», a déclaré Patrick Bonin, de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique.
Le Réseau action climat a demandé au gouvernement de Stephen Harper «de cesser tous les efforts qu’ils mènent pour détruire les politiques d’énergie propre et les politiques climatiques dans d’autres pays».
Réaction
Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a été interrogé lundi au sujet du rapport du Réseau action climat. Son attaché de presse, Jacques Labrie, a résumé sa position.
- «Le ministre a dit qu’il était au courant de la campagne menée, particulièrement eu Europe.»
- «Le ministre a indiqué qu’il avait abordé cette question la semaine dernière avec des interlocuteurs européens afin de leur préciser le cadre sécuritaire dans lequel l’industrie pétrolière doit effectuer son travail.»
- «Le ministre a insisté sur les efforts consentis pour assurer une exploitation respectueuse de l’environnement et un contrôle des émissions de CO2.»
- «Le ministre a également indiqué que l’industrie était soumise à un régime environnemental et qu’elle devait s’y conformer.»