Encadrer la prostitution, une question de sécurité
Les féministes se déchirent sur la décriminalisation possible de la prostitution. Mardi, l’Institut féministe Simone de Beauvoir, affilié à l’Université Concordia, a apporté son soutien au jugement récent de la Cour supérieure de l’Ontario. De son côté, le Conseil du statut de la femme s’y oppose indiquant que «la prostitution représente la forme ultime de violence faite aux femmes.»
Ce jugement invalide trois articles de loi et pourrait faire boule de neige partout au Canada s’il était confirmé. Actuellement, la prostitution est légale au Canada, mais s’organiser est criminel, explique Émilie Laliberté, d.-g. de Stella, un organisme qui vient en aide aux travailleuses du sexe. «Des travailleuses du sexe ne peuvent pas s’associer pour louer un appartement et engager une réceptionniste ou négocier leurs services.»
Elle pense que la récente décision judiciaire pourrait assurer plus de sécurité aux prostituées. «Les règlements contre le proxénétisme avec coercition et le gangstérisme sont déjà là et devraient être mieux appliqués au lieu de se concentrer sur les travailleuses du sexe», dit-elle.