Québec solidaire remet des documents compromettants à la SQ
Fort de révélations qui ont forcé la firme de génie-conseil Axor à admettre l’existence d’un système de prête-noms servant à financer les partis politiques québécois, Québec solidaire est revenu à la charge lundi. Le parti a remis à la Sûreté du Québec un dossier plus étoffé qui met en cause davantage d’employés de quatre firmes.
Françoise David et Amir Khadir, les porte-parole de Québec solidaire, ont demandé à l’Escouade Marteau d’étudier des dons avoisinant 400 000 $ faits, en 2008, par plus de 120 employés des firmes Axor, SNC-Lavalin, CIMA+ et BPR. Ces firmes auraient par la suite obtenu plusieurs contrats du gouvernement, parfois sans devoir soumissionner.
Mme David et M. Khadir estiment qu’en l’absence d’une commission d’enquête publique sur le financement des partis politiques, la Sûreté du Québec et son escouade ont le devoir de faire la lumière sur «ce qu’ont acheté des contributions probablement illégales et qui, dans le monde politique, a pu tremper dans ces manÅ“uvres».
«Axor a admis au Directeur général des élections avoir mis en place un système pour financer illégalement le Parti libéral, mais les trois autres firmes ont toujours nié», a expliqué le député Amir Khadir avant d’ajouter, « À partir de là, le DGE n’a malheureusement pas les moyens d’aller plus loin. Nous voulons que la Sûreté du Québec aille là où le DGE ne peut aller». La rencontre entre les deux porte-parole de Québec solidaire et deux représentants de l’escouade Marteau a duré une quarantaine de minutes. La Sûreté du Québec n’a pas souhaité commenter les documents reçus puisque l’enquête est en cours.
Françoise David a par ailleurs assuré que Québec solidaire, par l’entremise de son seul député, Amir Khadir, continuerait de réclamer une commission d’enquête publique afin «de faire la lumière complète sur des agissements aux apparences douteuses».
Refonte du système
Québec solidaire croit qu’il est temps de revoir le système de financement des partis :
- Il suggère de modifier les lois encadrant le financement des partis politiques afin d’assurer une plus grande transparence.
- Il propose d’imposer un plafond de 500 $ pour les contributions individuelles, qui rendrait la mise en place d’un système de prête-noms beaucoup plus difficile.
- Il recommande un financement public accru des partis politiques afin de mettre les élus à l’abri des intérêts privés.