Une année à oublier?
L’heure des bilans a sonné, fin d’année oblige. Pourtant, il n’y a rien de bien enthousiasmant dans cette démarche.
On a plus envie de se faire arracher une dent que de se remémorer les faits saillants de 2010. Une année à oublier? Non! Ce serait se priver des enseignements qu’elle pourrait nous apporter et surtout risquer de reproduire les mêmes comportements à l’avenir.
Finalement, 2010 aura été l’année de l’entêtement. La palme des têtes dures va à Jean Charest et à son refus répété de déclencher une commission d’enquête, au risque d’y perdre la confiance des Québécois. Il est suivi de près par la ministre Normandeau, incapable de proposer une voie acceptable dans le dossier des gaz de schiste. Si l’entêtement peut être un trait de caractère négatif, il peut aussi être positif. C’est pourquoi, dans cepalmarès, on voit aussi briller le nom de tous les journalistes d’enquêtes qui se sont pleinement investis dans leur tâche.
Au Québec, la série d’allégations qui a déferlé à la fois sur le gouvernement, le monde municipal, le secteur de la construction et les syndicats a occupé toute la place. Le climat ambiant en a tellement été teinté que, même avec la meilleure volonté, il est difficile de trouver des éléments positifs dans tout ça.
Il y a bien eu le règlement avec le secteur public, mais même cette victoire aura été de courte durée. Aujourd’hui, les syndicats réclament la réouverture de l’entente pour obtenir l’équité avec les infirmières.
Si Jean Charest s’était inspiré du président américain, il aurait compris que, pour rebâtir la confiance, il faut faire des compromis. Après une défaite amère aux élections de mi-mandat, Barack Obama a, au prix de négociations avec l’opposition, matérialisé plusieurs engagements majeurs. Obama a terminé l’année sur une bonne note, ce qui laisse entrevoir un peu d’espoir pour 2011.
Malheureusement, on est ici bien loin du dialogue. À l’Assemblée nationale, la session parlementaire s’est même terminée sans les traditionnels voux de Noël. Des gestes décevants qui éclaboussent toute la classe politique.
C’est dans ce contexte que Larry Smith a annoncé qu’il sautait dans l’arène politique fédérale. Cela prend du courage pour faire le saut. L’architecte du succès des Alouettes nous rassure. Il y a encore des gens appréciés dans leur communauté qui ont le goût de contribuer à la vie politique.
Plus que quelques jours et l’année sera finie. On se souviendra de 2010, mais on souhaite que 2011 soit porteuse de changement et d’espoir.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.