Une vague orange au Parlement: mythe ou réalité?
À une semaine du vote, le chef du Nouveau parti démocrate (NPD) confirme sa remontée. Selon un sondage Ekos-iPolitics.ca réalisé auprès de 3 004 personnes, le NPD est désormais en deuxième position au Canada avec 28% des voix. C’est devant les libéraux (23,7%), mais derrière les conservateurs qui resteraient minoritaires (33,7%). Certains candidats néo-démocrates envisagent désormais de devenir l’opposition officielle et rêvent même d’un «Jack» qui serait premier ministre. Certains spécialistes sont moins convaincus.
Réalité
«Tous les scénarios sont désormais envisageables», selon Alexandre Boulerice, candidat du NPD dans Rosemont-La Petite-Patrie, qui se félicite du potentiel de gain qui subsiste pour son parti. Le NPD figure en effet largement en tête en tant que deuxième choix des Canadiens, une donnée non négligeable en cas de vote stratégique anti-conservateur massif.
Outre le vote stratégique, bien des électeurs québécois se reconnaissent aussi dans les valeurs progressistes du NPD, selon lui. «Le capital de sympathie envers Jack Layton s’est enfin cristallisé au Québec où plusieurs électeurs ont l’impression d’avoir fait le tour avec le Bloc», ajoute-t-il.
Mythe
Selon Allison Harell, professeure de sciences politiques à l’UQAM, la hausse du NPD est surtout visible au Québec. «Le NPD rallie actuellement beaucoup d’électeurs du Bloc, surtout chez les jeunes souverainistes mous». Mais elle ne croit pas vraiment à la possibilité d’un raz-de-marée orange: «Contrairement au Bloc, et au Parti libéral, le vote pour le NPD est trop dilué pour que le parti fasse des gains importants en termes de comtés».
Elle note aussi que si NPD est populaire dans les sondages, c’est surtout auprès des jeunes. Or ces derniers sont ceux qui se déplacent généralement le moins le jour du vote. Des sondages aux urnes, il y a un grand pas.