Le débat des chefs de Métro: la criminalité
Selon Statistique Canada, le taux de criminalité ne cesse de diminuer depuis le début des années 1990; pourtant, les gens semblent de plus en plus préoccupés par la criminalité dans les zones urbaines. Comment réconcilierez-vous ces deux réalités contradictoires?
Michael Ignatieff (Parti libéral)
La criminalité est toujours un problème grave, mais Stephen Harper exploite la politique de la peur pour faire avancer son programme de lutte contre la criminalité. Au lieu de la peur, nous avons besoin de politiques qui répriment adéquatement le crime, tout en travaillant activement à prévenir l’éclosion de la criminalité. Ce qu’il ne faut surtout pas faire, c’est importer des États-Unis des politiques ratées dans ce domaine. Si nous voulons sévir contre la criminalité, nous devrons également sévir contre les armes à feu. Un gouvernement libéral travaillera avec les Canadiens afin d’améliorer le registre des armes à feu et de donner aux policiers les outils qu’il leur faut pour faire leur travail.
Gilles Duceppe (Bloc québécois)
Depuis son accession au pouvoir, le gouvernement conservateur a multiplié les positions idéologiques en matière de justice et de sécurité publique. Il a adopté un discours alarmiste à l’égard de la criminalité. S’il est vrai que la lutte contre le crime est essentielle, surtout lorsque les victimes sont des enfants, il n’en demeure pas moins que la criminalité est en baisse au Québec, comme au Canada, depuis une quinzaine d’années. Le Bloc québécois propose des mesures législatives concrètes et efficaces pour protéger les personnes vulnérables, notamment les enfants et les victimes de traite de personnes. Nous avons notamment proposé et obtenu l’élimination des libérations au sixième de la peine.
Stephen Harper (Parti conservateur)
Nous sommes conscients de l’importance de la sécurité dans les rues et les communautés. Contrairement à la coalition menée par Michael Igniateff, notre gouvernement a toujours fait passer les droits des victimes et des honnêtes citoyens avant ceux des criminels. Nous avons fait passer plusieurs articles de loi pour protéger les gens vulnérables et pour que les criminels soient punis. Nous avons également investi dans la prévention antigang auprès des jeunes et dans d’autres programmes pour encourager les Canadiens à se tenir loin de la criminalité. S’il est réélu, le gouvernement conservateur poursuivra dans cette voie en faisant adopter des législations pour mettre fin aux peines réduites pour les crimes en lien avec la pornographie infantile et les prédateurs sexuels, et pour amender le Code criminel afin de garantir le droit des Canadiens de se protéger, de même que leur propriété.
Jack Layton (Nouveau Parti démocratique)
Pour améliorer la sécurité des Canadiens, le NPD investira dans une approche équilibrée et efficace qui misera sur la prévention, les services policiers et les poursuites judiciaires. Le NPD augmentera le financement pour la prévention du crime, le faisant passer de 65 M $ à 100 M $ par année, et octroiera des fonds sur plusieurs années pour l’embauche d’au moins 2 500 nouveaux policiers. Nous aiderons les parents, les enseignants et les policiers à protéger nos jeunes en rendant illégal le recrutement dans les gangs, et nous créerons des infractions distinctes pour les invasions de domicile et les braquages de véhicule. Nous adopterons également le projet de loi «Lucky Moose», qui rendra plus flexible le processus d’arrestations citoyennes.
Elizabeth May (Parti vert)
Nous croyons que les préoccupations récentes du gouvernement liées à la criminalité découlent de son obsession pour la question et des 9 G$ prévus pour de nouvelles prisons. Néanmoins, même si le crime est en baisse, nous voulons tous nous sentir en sécurité dans la rue et dans nos foyers. Nous réduirons la criminalité grâce à de meilleurs programmes de loisirs pour les jeunes et d’éducation des jeunes enfants. Nous nous attaquerons aux causes profondes de la criminalité, comme la pauvreté, le racisme et les inégalités sociales, et veillerons à ce que les délinquants reçoivent une peine appropriée.