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La CSN souhaite la fin du placement syndical

Deux jours après la tenue d’une manifestation devant les bureaux de la Commission de la construction du Québec (CCQ), au cours de laquelle la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction ont dénoncé le projet de loi 33, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a plaidé jeudi en faveur de la fin du placement syndical sur les chantiers de construction.

Louis-Serge Houle, coordonnateur de la CSN-Construction, a fait une compilation des métiers dans lesquels plus de 80 % des travailleurs sont membres d’un même syndicat. Il en ressort qu’un total de «30 629 travailleurs ne peuvent travailler sans être placés par leur union».

«Il y a minimalement 24 % des travailleurs qui ne peuvent décider avec quel syndicat ils veulent s’affilier, parce qu’un syndicat a le monopole de leur métier, et qui ne peuvent décider où ils vont travailler, parce que leur syndicat agit comme une agence de placement, a dénoncé M. Houle, en entrevue à Métro. Il y a une incompatibilité entre le syndicat qui devient une agence de placement et le syndicat qui doit défendre ses travailleurs.»

Le projet de loi 33, présenté par le gouvernement du Québec, vise entre autres à interdire le placement syndical auprès d’entrepreneurs afin de privilégier un service de référence. Les syndicats pourraient alors fournir une liste de noms, parmi lesquels les entrepreneurs pourraient choisir, plutôt que d’imposer certains travailleurs.

«Nous sommes d’avis que tout le monde a le droit de travailler et que personne ne devrait être soumis au dictat d’un syndicat, a affirmé Louis-Serge Houle. Le gouvernement doit assumer ses responsabilités. Ce n’est pas la FTQ qui a la clé, c’est le gouvernement.»

La FTQ, qui représente 42 % des travailleurs de la construction, et le Conseil provincial, qui est responsable de 24 % d’entre eux, s’opposent vivement au projet de loi 33 et estiment que le gouvernement tente de leur enlever des droits. La CSN n’est pas de cet avis.

«On est face à un système, a soutenu M. Houle. Des syndicats y sont entrés et maintenant les employeurs doivent composer avec, autrement ils n’auront pas la main d’œuvre nécessaire pour mener à terme leurs projets. Nous sommes d’avis que le projet de loi 33 permettra d’assainir les pratiques dans le monde de la construction et de faciliter le quotidien des travailleurs.»

L’étude du projet de loi en commission parlementaire devrait débuter dans la semaine du 24 octobre. La question de la fin du placement syndical a d’abord été évoquée par la Commission Cliche, en 1975. Cette fois, Le gouvernement a assuré qu’il ne reculerait pas.

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