Tabac: une pétition dans les dépanneurs est dénoncée
La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac dénonce la nouvelle tactique de l’Association québécoise des dépanneurs en alimentation (AQDA) pour faire avancer son agenda dans le cadre de la révision de la Loi sur le tabac.
L’AQDA fait circuler depuis quelques jours une pétition auprès de sa clientèle, demandant aux députés «que la lutte à la contrebande demeure la priorité de la stratégie de contrôle du tabac». Une dizaine de circonscriptions sont ciblées, soit celles de députés membres de la Commission de la santé et des services sociaux, qui doit prochainement soumettre des recommandations par rapport à la Loi sur le tabac.
«Cette association joue la carte de la contrebande pour nous faire croire qu’on doit choisir entre cette lutte et des actions plus globales pour diminuer le tabagisme, estime Flory Doucas, porte-parole de la Coalition. L’AQDA a des liens très étroits avec l’industrie du tabac et tente de faire écarter toute mesure sur les produits légaux, comme les produits du tabac aromatisé.»
Mme Doucas craint que des citoyens signent la pétition sans avoir conscience de l’objectif de cette dernière, et que «sous des apparences de vertus et bonne volonté des citoyens», les élus entrent aussi dans le mouvement.
De son côté, l’AQDA ne cache pas ses intentions. «Les dernières mesures restrictives sur le tabac légal, comme la hausse de taxes, ont causé des dommages à nos membres, tout en favorisant la contrebande, affirme Guy Leroux, porte-parole de l’AQDA. Quand on règlemente trop, on donne un avantage au crime organisé.»
Selon l’AQDA, le meilleur moyen d’atteindre les objectifs du gouvernement en matière de santé est de s’activer à garder la consommation de tabac dans la sphère légale. «Une des missions des dépanneurs est de ne pas vendre de tabac aux mineurs, ce qui est très important pour éviter que des jeunes commencent à fumer, alors que les contrebandiers n’ont aucun scrupule à cet égard», souligne M. Leroux.
La Coalition voudrait faire interdire les pratiques de marketing attirantes pour les mineurs, comme l’aromatisation des cigarillos et des cigarettes et la mise en marché de nouveaux produits, de même qu’obliger toutes les marques à adopter un emballage standardisé et neutre. L’AQDA juge toutefois qu’il n’y a aucune preuve que ces mesures contribueront à faire diminuer la consommation de tabac.