Les signalements à la DPJ ont bondi de 8,2%
Pas moins de 76 469 enfants ont fait l’objet d’un signalement à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) au cours de la dernière année, indique le bilan des directeurs de la protection de la jeunesse 2010-2011 qui a été rendu public lundi.
Il s’agit d’une hausse de 8,2% par rapport à l’an dernier. «Les gens sont plus sensibles à la réalité des enfants maltraités», a affirmé la directrice de la protection de la jeunesse au Centre jeunesse de Montréal-Institut universitaire, Michelle Dionne, pour expliquer cette augmentation. L’an passé, 21 521 parents, conjoints, amis ou voisins ont pris le téléphone pour signaler un cas de maltraitance contre 22 791 cette année.
D’autres facteurs peuvent toutefois influencer le nombre de signalements transmis à la DPJ comme l’appauvrissement de la population, l’offre déficiente de services dans certaines régions ou la capacité de mieux dépister les enfants en difficulté. Les directeurs de la protection de la jeunesse ont refusé de parler d’une montée de la violence faite aux enfants. «On croit qu’on a un meilleur réseau pour dénoncer ces situations, a dit le directeur de la protection de la jeunesse au Centre jeunesse de la Montérégie, Gilles Cloutier. C’est seulement qu’avant, il y a des cas qu’on ne connaissait pas.»
Malgré tout, le nombre de cas retenus par le personnel de la DPJ pour qu’une évaluation plus approfondie du milieu familial soit réalisée a bondi de 5,5% depuis l’an dernier pour atteindre 32 265. Pour ces enfants, la DPJ prendra en compte leur vulnérabilité, les mauvais traitements qu’ils ont subis et la capacité de leurs parents de se prendre en main avant de décider ce qui sera fait pour les aider.
Puisque la demande pour leurs services est en constante augmentation, les directeurs de la protection de la jeunesse se sont dits inquiets de l’avenir de leurs services en cette période de compressions budgétaires. «On fera toutes les représentations nécessaires pour être capable d’offrir ces services, a assuré le directeur de la protection de la jeunesse au Centre jeunesse de la Laval, Jean-Pierre Cormier. On fait beaucoup d’efforts pour trouver des solutions différentes. On tisse des liens avec beaucoup de services autres que la santé et les services sociaux. On va souvent un peu plus loin dans notre accompagnement.»
Causes des signalements
À Montréal, la Direction de la protection de la jeunesse a retenu 4 234 signalements d’enfants en difficulté au cours de la dernière année, ce qui représente une hausse de 12,8% depuis l’an dernier.
- Abus physique : 24,7%
- Négligence : 19,4%
- Mauvais traitement psychologique : 14,4%
- Risque sérieux de négligence : 13,2%
- Trouble de comportement sérieux : 11%
- Autres :17,3%