Un syndicat d'enseignants veut réformer la Réforme
Face aux «lacunes» du programme d’enseignement du ministère de l’Éducation, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a présenté mardi son propre document de référence.
Le document concerne l’enseignement du français pour les deux premières années du primaire. Pour plancher sur cette «mini réforme», la FAE, qui représente 32 000 enseignants, a formé un comité de sept enseignantes, qui a travaillé pendant six mois à bonifier le programme actuel.
Premier constat, le programme du ministère ne fait pas de distinction entre ce qui doit être enseigné en première et en deuxième année. «On perd donc du temps entre enseignants à se répartir les éléments du programme. Et si l’élève déménage, on n’est pas assuré qu’il sera au même point», insiste Christine Fähndrich, une des enseignante membres du comité de la FAE.
La FAE a corrigé ce flou et en a profité pour augmenter les connaissances qu’un enfant devra avoir acquises en première année. «Le Ministère précise notamment que l’élève doit utiliser un langage approprié et donne un nombre de mots à savoir orthographier sans préciser lesquels, c’est trop flou», lance Julie Simoneau, un autre des enseignantes du comité.
La FAE suggère plutôt une liste précise de 150 mots à être capable d’orthographier à la fin de la première année, et 200 pour la deuxième année, avec un bonus de 50 mots, à la discrétion de l’enseignant. «En ayant des critères très précis et uniformes, partout au Québec, on s’assure de détecter dès la première année, les élèves qui auront besoin d’aide», clame Mme Fähndrich.
Les critères d’évaluation des élèves ont aussi été revus dans le même état d’esprit. Selon le président de la FAE, Pierre St-Germain, cette démarche devrait être effectuée par le ministère pour toutes les matières et à tous les niveaux de scolarité, au lieu de discuter de structures ou de l’évaluation des professeurs. «Cela faciliterait la planification de l’enseignement, offrira de meilleures chances de cheminements aux élèves et assurera une base commune de l’enseignement au Québec», pense-t-il.
Du côté de la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp, on indique «être ouvert à des ajustements pragmatiques qui doivent être basés sur de la recherche». Mais «on ne fera pas de réforme de la réforme», prévient son attachée de presse, Hélène Sauvageau.