Haïti: un tournant dans la reconstruction
Vision Mondiale Canada, comme plusieurs organismes humanitaires, amorce un tournant en matière d’aide en Haïti. Dans les mois suivant le tremblement de terre du 12 janvier 2010, l’organisme a dispensé des services d’urgence. Aujourd’hui, il doit effectuer une transition vers une reconstruction à long terme. Le rôle du gouvernement haïtien sera déterminant.
«Après l’aide d’urgence, il a y a eu les élections, puis il a fallu attendre que le gouvernement se mette en place», explique Margaret Buchanan des relations publiques de Vision Mondiale Canada. Cette dernière se rend d’ailleurs lundi sur les lieux de la catastrophe pour constater le travail accompli par l’organisme.
«On compte sur le gouvernement [haïtien] pour faire sa part», poursuit-t-elle. Car après avoir établi des camps de «déplacés» et construit plus de 2700 abris de transition, Vision Mondiale attend maintenant des décisions gouvernementales concernant la construction de logements. «Avant le tremblement de terre, Port-au-Prince était surpeuplé, indique Mme Buchanan. Il y avait donc, au départ, un manque de logements dans la capitale. Et maintenant qu’on sait que Port-au-Prince est situé près d’une faille sismique, on ne va pas reconstruire au même endroit.»
À ce problème s’ajoute la question des droits fonciers puisque plusieurs papiers ont été perdus dans le sinistre et qu’il est difficile de savoir à qui appartiennent les terrains. Il revient donc au gouvernement de trancher et de trouver de nouveaux terrains propices à la construction. En attendant, Vision Mondiale, qui est responsable de 27 camps, continue ses efforts sur place en matière d’éducation et de soutien psychosocial, notamment. L’organisme est d’ailleurs présent depuis plus 30 ans en Haïti. Mme Buchanan rappelle que les Montréalais souhaitant apporter leur aide peuvent le faire à travers le programme de parrainage.