FTQ: l'avenir des régimes de retraite sera un enjeu incontournable en 2012
MONTRÉAL – Le dossier des régimes de retraite sera l’enjeu
« incontournable » des négociations en 2012, prédit la principale
organisation syndicale du Québec.
Le président de la FTQ, Michel Arsenault, croit que tant pour le régime
public de la Régie des rentes du Québec, que pour les régimes privés
dans les entreprises, la retraite sera à l’ordre du jour et entraînera
d’importantes discussions pour le présent et l’avenir de milliers de
travailleurs.
Jeudi, le président de la centrale de plus de 600 000 membres a
rencontré la presse pour faire état de ses prévisions pour l’année qui
commence.
« Il faut trouver en 2012 des solutions pour assurer la pérennité de nos
fonds de pension. Il ne faut pas toucher aux gens qui sont déjà à leur
retraite. Et il faut faire en sorte que la jeune génération ait aussi un
jour l’opportunité de jouir d’une retraite », a affirmé M. Arsenault.
Déjà, dans les villes de Montréal et de Québec par exemple, l’enjeu des
régimes de retraite est à l’ordre du jour. À Montréal, où la FTQ
représente des milliers de syndiqués, les taxes ont dû être haussées
pour que l’administration municipale puisse faire face à ses obligations
à ce chapitre.
Mais pour M. Arsenault, il faut s’abstenir de critiquer ceux qui ont su
négocier un bon régime de retraite, surtout que dans certains cas, les
problèmes actuels de leur régime viennent du fait que l’employeur a pris
congé de cotisation pendant un certain temps.
« On est en train de diaboliser les gens qui jouissent d’une bonne
retraite, de les rendre coupables pratiquement, à cause de règles de
solvabilité qui ne reflètent plus l’économie d’aujourd’hui, à cause
également d’employeurs qui se sont payé des congés de contribution
pendant des décennies », a déploré le dirigeant syndical.
« Le vrai problème au Québec, quant à nous, c’est ceux qui n’ont pas de
retraite. Et la solution, ce n’est pas de couper la retraite à ceux qui
en ont une ou qui vont en avoir une, la solution, c’est de faire en
sorte que tout le monde puisse jouir d’une retraite », notamment en
bonifiant le Régime des rentes du Québec, a fait valoir M. Arsenault.
Il ne peut évaluer la proportion de négociations collectives, à la FTQ,
où cette question du régime de retraite est au menu, mais chose
certaine, elle l’est souvent, a-t-il mentionné.
Les employeurs cherchent à transformer le régime à prestations
déterminées en régime à cotisations déterminées ou établissent un régime
distinct et moins généreux pour les futurs employés, a-t-il rapporté.
« Ces dernières années, on a rencontré beaucoup d’employeurs qui veulent,
à cause des contraintes économiques, et qui réussissent parfois, le
couteau sur la gorge de nos membres, à négocier des régimes de retraite à
deux vitesses. »
Il a fait valoir que dans plusieurs cas, le déficit du régime de
retraite est « virtuel ». « Si le taux directeur de la Banque du Canada
montait de deux pour cent, plus de la moitié des déficits de nos fonds
de pension disparaîtraient », a-t-il noté.
Il a donc réitéré sa demande faite au gouvernement du Québec de mettre
sur pied un comité représentant les employeurs et les travailleurs, qui
serait mandaté pour trouver des solutions à la capitalisation des
régimes de retraite et aux règles de solvabilité qui les régissent.