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Étudiants: Québec pose ses conditions

QUEBEC – Tant qu’elles revendiqueront le gel des frais ou la gratuité scolaire, les associations étudiantes ne pourront pas espérer ouvrir un dialogue avec le gouvernement, a tranché jeudi la ministre de l’Education Line Beauchamp.

La porte demeure ouverte cependant pour des améliorations au régime de prêts et bourses, a précisé Mme Beauchamp, à la sortie d’une réunion du caucus des députés libéraux.

«Il y a toujours de l’ouverture pour parler de la question du programme de prêts et bourses et de l’accessibilité, ça a toujours été le cas», a fait valoir la ministre.

Mais pour l’heure, les étudiants défendent des positions «intenables» qui font obstacle à la discussion, a-t-elle fait comprendre.

«Leur position est intransigeante, leur réaction est toujours la même: c’est le gel ou la gratuité du diplôme. On voit bien que ce n’est plus tenable», a précisé Mme Beauchamp.

Pendant ce temps, l’étau se resserre autour de certains étudiants en grève. Des cohortes de collégiens risquent de compromettre leur session d’ici une dizaine de jours.

La ministre Beauchamp a déclaré qu’il sera difficile dans la période qui suivra le congé de Pâques d’organiser dans un délai acceptable une reprise de cours et des examens.

Selon elle, la situation devient critique dans cinq institutions collégiales de la région de Montréal où les étudiants boycottent leurs cours depuis plusieurs semaines.

«Les votes qui se prennent cette semaine et la semaine prochaine sont importants parce que plus on s’approche du congé de Pâques, plus la situation devient problématique pour la récupération des heures de cours et les examens. On entre dans les semaines où les votes seront extrêmement importants», a-t-elle dit.

Néanmoins, la présente session peut encore être sauvée. Si le contrat de travail des professeurs du collégial prévoit deux mois de vacances estivales sans interruption, il stipule aussi que ces derniers doivent être disponibles, d’ici là, pour dispenser leurs cours hors des horaires réguliers.

Du reste, la reprise de la session à l’automne est exclue, a statué Mme Beauchamp.

Mais les étudiants ne semblent pas prêts à lâcher du lest et pensent que la pression aura raison de la ligne dure adoptée par la ministre.

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, s’est dit déçu des commentaires de Mme Beauchamp qui, selon lui, balaie du revers de la main un des plus grands mouvements de protestation de l’histoire du Québec.

«Elle essaie toutes sortes de diversions ces derniers jours pour légitimer le fait qu’elle ne rencontre pas les associations étudiantes mais je pense que la pression va provenir de l’intérieur pour qu’elle nous rencontre», a-t-il dit.

Le leader étudiant admet que la session collégiale est «un peu» compromise et qu’il faudra trouver des arrangements pour reprendre les cours. Malgré tout, il ne craint pas une annulation de la session, une décision qui aurait de trop lourdes conséquences, selon lui.

De son côté, le député de La Peltrie, Eric Caire, s’est fait l’apôtre du rapprochement entre le gouvernement et les étudiants au cours de la période de questions à l’Assemblée nationale.

La Coalition avenir Québec (CAQ) ne remet nullement en question la hausse des droits de scolarité – 1625 $ sur cinq ans – mais appelle le gouvernement à faire des concessions sur le plan du remboursement des dettes d’étude.

«La proposition que je fais à la ministre, elle est simple: déposer des offres, des propositions de discussion sur la table, convier les leaders étudiants à une discussion avec une date, un lieu, une heure précise», a lancé M. Caire.

Quant à elle, la porte-parole péquiste en matière d’enseignement supérieur, Marie Malavoy, a cité la longue liste des salaires et bonis consentis ces dernières années aux recteurs et autres cadres supérieurs des universités.

Le gouvernement libéral exige des étudiants «un effort inconsidéré» mais tolère «les dépenses fastueuses» des dirigeants d’université, a dénoncé la députée de Taillon.

«En 2009-2010, l’ex-rectrice de l’Université Concordia a reçu 505 000 $, le recteur de l’Université de Montréal, 370 000 $, tandis que la rectrice de l’Université McGill empochait 596 000 $, et cela, sans compter les parachutes dorés pour les dirigeants des universités, qui ont totalisé 905 000 $», a-t-elle relaté.

En ce sens, l’intransigeance de la ministre de l’Education envers la communauté étudiante en grève ne fera qu’envenimer la situation, selon Mme Malavoy.

«Si la ministre n’ouvre pas ce dialogue, on le sait, la pression va monter, la colère va monter, les débordements vont augmenter», a-t-elle prédit.

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