Hausse des cas de cancer au Québec depuis 10 ans
Plus de Québécois étaient atteints de cancer en 2012 qu’il y a environ dix ans.
En effet, 3,3% des personnes de 35 ans et plus ont affirmé être atteints d’un cancer il y a environ deux ans, alors que cette proportion était de 2,0% en 2003, selon des données analysées par l’Institut national de santé publique.
Le Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS) attribue ces chiffres non seulement au vieillissement de la population, mais aussi au tabagisme. «Une dizaine de cancers sont clairement liés à l’usage du tabac, a justifié Mario Bujold, directeur général du CQTS. Le cancer du poumon, largement attribué au tabagisme, est le cancer le plus meurtrier du Québec, ayant tué 6 300 personnes en 2013.»
Si l’augmentation du nombre de cas de cancer est claire, ces chiffres ne signifient pas nécessairement qu’il s’agit d’une tendance, c’est-à-dire d’une croissance qui se poursuivra. «Est-ce qu’on a noté une hausse parce que la population vieillissante a beaucoup fumé, mais qu’à la prochaine génération, il y aura moins de cas?», s’est questionné M. Bujold.
Le nombre de cas de personnes souffrant de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), elle aussi considérée comme une conséquence potentielle du tabagisme, est de son côté assez stable, passant de 4,5% en 2003 à 4,6% en 2011-2012.
Dre Céline Bergeron, médecin pneumologue au CHUM, a souligné que le tabagisme accroissait non seulement les risques de cancer et de MPOC, mais aussi d’emphysème, d’infections respiratoires et d’obstruction vasculaire menant à l’infarctus et à l’accident vasculaire cérébral. «Les dernières années de vie d’un fumeur sont loin d’être agréables», a prévenu Dre Bergeron. Elle a toutefois souligné qu’il était possible d’améliorer son espérance de vie en arrêtant de fumer, peu importe l’âge.
Un changement de vie
Au premier jour de la Semaine pour un Québec sans tabac, dimanche, la comédienne Brigitte Lafleur, a raconté comment cesser de fumer a changé sa vie. «J’ai vu des effets bénéfiques très concrets dès que j’ai arrêté, a dit Mme Lafleur. Après une semaine, j’ai cessé de faire de l’asthme. Je peux maintenant faire des sports et je suis moins allergique aux animaux. J’ai pu réaliser mon rêve de faire de l’équitation.»