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Un auteur critique la vision linguistique du gouvernement péquiste

Charles Castonguay, auteur de l’ouvrage Le français langue commune, projet inachevé, fustige le gouvernement péquiste pour les changements qu’il propose d’apporter à la Charte des droits et libertés de la personne.

Aux articles 40 et 41 de son projet de charte des valeurs québécoises, le gouvernement propose de modifier la Charte des droits et libertés pour y insérer «la primauté du français» comme «valeur fondamentale de la nation québécoise».

L’auteur affirme que «le concept de prédominance ou primauté du français peut mener ultimement à l’anglicisation du Québec». «Au sortir de la Révolution tranquille, le Québec a choisi de faire du français notre langue commune, devant servir aux Québécois de toutes origines pour communiquer entre eux sur la place publique», se souvient M. Castonguay, rappelant entre autres l’affichage unilingue français en vigueur à la création de la Charte de la langue française.

«Si on inclut la « primauté du français » comme valeur fondamentale, vous pouvez être sûr que la Cour suprême va interpréter ça de façon généreuse. Ils sont programmés pour décider dans l’intérêt des minorités linguistiques dans chaque province. L’anglais risque de prendre une place encore plus disproportionnée», clame l’auteur originaire d’Ottawa et professeur de mathématiques à la retraite.

Le concept de la «prédominance du français» aurait depuis pris la place du «français langue commune» au Québec, déplore M. Castonguay, affirmant qu’actuellement «il est facile de vivre en anglais à Montréal et la langue commune entre un anglophone et un francophone est définitivement l’anglais».

«Quand on parle de prédominance, c’est une forme de bilinguisme. Mais à ce genre de jeu, l’anglais remporte toujours», déplore-t-il.

L’Office québécois de la langue française précise que le français, selon la Charte de la langue française, est la langue de communication et de travail pour toutes les institutions de l’État. L’article 1 de la Charte définit également le français comme langue officielle du Québec. Pour l’affichage public et les publicités commerciales, on parle de «nette prédominance». Si l’affichage doit être bilingue, l’espace consacré au texte en français doit être au moins deux fois plus grand que celui en anglais.

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