Pour ou contre l’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti
Le gouvernement de Pauline Marois entend explorer l’île d’Anticosti pour voir s’il y a une quantité suffisante de pétrole à exploiter. Pas moins de 115M$ seront, pour ce faire, investis. À terme, les retombées économiques de l’exploitation de ce pétrole pourraient atteindre 45G$ sur 30 ans, d’après Québec. C’est un pari risqué pour plusieurs. Métro fait le point sur ce projet avec le professeur à HEC Montréal et titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie, Pierre-Olivier Pineau.
Est-ce que Québec s’est toujours autant engagé dans le secteur de l’énergie, particulièrement dans le secteur des hydrocarbures?
Historiquement, au Québec, le gouvernement a toujours été impliqué dans le secteur de l’énergie, surtout à travers Hydro-Québec. Dans le secteur des hydrocarbures, il y a eu la SOQUIP, qui était une compagnie que le gouvernement possédait et qui faisait de l’exploration. En 2008, le gouvernement libéral a décidé de laisser faire et de transférer les droits d’exploitation au secteur privé pour que lui, prenne les risques de payer pour l’exploration.
Quand on fait de l’exploration, ça coûte cher, surtout sur une île où personne ne va et où il n’y a pas d’activité. Il faut creuser à 1000 ou 2000 mètres de profondeur. Ça coûte plusieurs millions de dollars. Ce sont des risques qu’on prend, mais les 100 millions en bout de ligne, ce n’est pas tant d’argent que cela quand on regarde le budget du Québec et l’éventuel gain possible.
Mais on n’est pas convaincu qu’il y a une quantité importante de pétrole à l’île d’Anticosti?
En effet. Les géologues à qui on a posé la question sont persuadés qu’il y en a. Maintenant, la grande question, c’est quelle quantité pourra être récupérée.
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Que pensez-vous des retombées économiques de 45G$ évalués par le gouvernement?
Il utilise ce chiffre pour des fins électoralistes. La raison pour laquelle on investit 115M$, c’est pour pouvoir donner un chiffre plus crédible. C’est seulement dans deux ans, au terme de cette exploration, qu’on pourra donner avec beaucoup plus de certitude un estimé réaliste. Il y a tellement d’incertitude. La bonne nouvelle, c’est qu’on pourra faire le point sur l’état de situation.
Et quel est le mauvais côté du projet d’exploration du gouvernement?
Le mauvais côté, c’est qu’il y a beaucoup d’aspects environnementaux qu’on n’a pas pris en compte. Je ne suis pas convaincu que le ministère du Développement durable et de l’Environnement a la capacité de véritablement encadrer et surveiller la manière dont les forages seront faits ainsi que tous les impacts environnementaux. Je serais plus rassuré si, en parallèle de ces activités, on avait une équipe de spécialistes en environnement qui s’assurerait d’étudier et de minimiser tous les impacts environnementaux.