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Des mineurs peuvent encore se faire bronzer

Photo: Yves Provencher/Métro

Les salons de bronzage n’appliqueraient pas tous adéquatement la loi québécoise qui leur interdit d’offrir des services aux personnes mineures et qui les oblige à afficher une mise en garde sur les effets nocifs du bronzage sur la santé.

Il y a de graves lacunes, constate Option consommateurs (OC), qui a enquêté auprès de 20 salons de bronzage à Toronto et à Montréal et qui s’est entretenu avec 45 utilisateurs fréquents. L’organisme a dévoilé mardi les résultats de cette enquête dans son rapport intitulé Les centres de bronzage sous le feu des lampes!

Sur les dix salons visités à Montréal, trois ont accepté de servir des jeunes de moins de 18 ans sans même leur demander de cartes d’identité. Un seul avait affiché les mises en garde exigées par le gouvernement du Québec aux endroits prescrits. Sur 40 lits de bronzage examinés par Option consommateurs, trois à Toronto et trois à Montréal arboraient une autre mise en garde relative à la santé exigée cette fois par Santé Canada.

Le rapport dénonce également les «pratiques désastreuses» des salons en matière d’information à la clientèle, qui respecteraient très peu les lignes directrices de Santé Canada émises en 2005. Beaucoup de salons ont par exemple échoué à avertir les clients des effets secondaires de l’exposition aux ultraviolets (UV), à s’informer des caractéristiques du client qui pourraient le rendre plus sensible aux UV et à déconseiller l’exposition aux individus à la peau fragile.«J’ai dit que je prenais des antidépresseurs et j’ai la peau très pâle, a raconté Geneviève Charlet, l’une des enquêteuses. Ce sont deux contre-indications, mais nulle part on m’a déconseillée de me faire bronzer.»

Les entretiens d’OC avec 45 utilisateurs de salons de bronzage indiquent par ailleurs que ces derniers sous-estiment les risques associés à cette pratique. Parmi eux, 68% ont considéré qu’ils ne courraient en fait aucun risque. Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé les appareils de bronzage comme étant cancérigènes après avoir analysé 20 études à leur sujet. «Sur le terrain, les salons véhiculent l’idée que ces études ne sont pas tout à fait vraies», a déploré Olivier Bourgeois, chargé de projet chez OC.

«Il y a un acharnement contre les salons de bronzage et de la désinformation, a réagit Alain Fournier, président de l’Association des salons de bronzage du Québec. Certaines études démontrent qu’il y a des avantages à se faire bronzer. C’est plutôt la surexposition qui peut être dangereuse.»

Reconnaissant qu’il était inquiétant que certains salons ne respectent pas la loi provinciale, en vigueur depuis février 2013, M. Fournier a toutefois rejeté une partie de la faute sur le gouvernement du Québec. «Il y a beaucoup de travail à faire de la part du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) pour faire le tour des salons et s’assurer qu’ils connaissent correctement la loi pour pouvoir l’appliquer. Pour le moment, c’est une grosse lacune», a-t-il affirmé.

«Environ 2120 visites ont été effectuées par les inspecteurs du MSSS dans le but de rencontrer les exploitants et de leur remettre une trousse d’information, a répondu le MSSS. 
La période de sensibilisation se termine le 31 mars 2013. Ainsi, à compter du 1er avril prochain, les inspections débuteront et, en cas de non-conformité, des avis de non-respect ou des constats d’infraction seront émis.»

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