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L’inscription à la liste électorale sème toujours l’émoi

Photo: Archives Métro

Des associations étudiantes des Universités McGill et Concordia dénoncent des cas qu’ils qualifient de «répression et d’intimidation des électeurs» détournés des bureaux de scrutin. Une porte-parole du Directeur général des élections du Québec (DGEQ) indique qu’ils ont été mis au courant de la situation, mais qu’ils ne prévoient pas appliquer des mesures particulières.

Des dizaines d’étudiants non francophones de ces universités auraient alerté leurs représentants la semaine dernière en les informant que leur demande d’inscription sur la liste électorale a été refusée par l’une des commissions de révision.

«Plusieurs de ces étudiants se sont fait dire qu’on ne croyait pas qu’ils avaient l’intention de rester au Québec à long terme, indique Jaggi Singh du Groupe de recherche d’intérêt public (GRIP) de Concordia, qui a notamment recueilli ces témoignages. Pour d’autres, le bureau de scrutin doutait de leur identité affirmant qu’un bail ou une facture d’Hydro-Québec n’était pas suffisant.»

Ces étudiants étaient habilités et qualifiés au vote ayant «fourni plus que la documentation nécessaire», selon le communiqué du regroupement, qui inclut également l’Union étudiante de Concordia et l’Association étudiante de l’Université McGill.

«La notion de domicile est très complexe, et c’est un travail qui laisse place à l’interprétation, a indiqué à Métro un directeur de scrutin d’une circonscription montréalaise. J’indique à mes réviseurs qu’ils ne doivent pas l’interpréter de manière stricte et mécanique, mais il faut tout de même des pièces justificatives.» Une carte de la RAMQ ou un permis de conduire peuvent notamment être demandés, mais chaque cas reste unique. Si un électeur est refusé par la commission de révision, c’est que les pièces justificatives sont manquantes, explique-t-il.

M. Singh croit que cette situation est attribuable notamment aux commentaires de candidats du Parti québécois, la semaine dernière, craignant que la présente élection soit «volée par des gens de l’Ontario et du reste du Canada».

«Je crois que ce commentaire et le contexte de la charte des valeurs ont un impact [néfaste]», avance-t-il pour expliquer ces cas rapportés.

Pour avoir la qualité d’électeur, la personne intéressée doit prouver qu’elle est domiciliée au Québec depuis au minimum six mois, et qu’elle a l’intention d’y rester à long terme. Le DGEQ reconnait que la «notion de domicile peut s’avérer plus complexe à définir et susciter des questions quant à son interprétation».

«Il importe de souligner que certains gestes démontrent de manière plus certaine l’intention d’établir son domicile au Québec, par exemple le fait d’y payer ses impôts par opposition au simple fait de détenir un bail», précise le DGEQ dans un communiqué.

M. Singh indique que certains étudiants ont l’intention de porter plainte au DGEQ.

L’avocat Julius Grey lancera des procédures dans les prochains jours pour représenter des étudiants dans un recours. Il espère faire annuler la décision des commissions de révision qui ont refusé leur demande d’inscription à la liste électorale.

Cinq circonscriptions, dont trois à Montréal, auraient fait face dans les dernières semaines à un afflux inhabituel d’anglophones et d’allophones qui souhaitent s’enregistrer sur les listes électorales, soit Sainte-Marie–Saint-Jacques, Saint-Henri–Saint-Anne, Westmount–Saint-Louis, Sherbrooke et Saint-François. Le président de la commission de révision de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Mathieu Vandal, a alors décidé de quitter ses fonctions, invoquant les difficultés rencontrées pour attester la conformité des inscriptions à la liste électorale.

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