Campagne permanente de porte-à-porte pour l’indépendance
Plusieurs groupes de bénévoles indépendantistes sillonneront les routes du Québec, dès dimanche, pour aller parler du projet d’indépendance du Québec en cognant directement à la porte des citoyens.
Ces militants ont choisi de se joindre à une campagne permanente de porte-à-porte, organisée par le réseau Cap sur l’indépendance (RCI), visant à mettre de l’avant le projet de souveraineté qui a officiellement débuté, dimanche, un peu partout dans la province.
Cette offensive de promotion a été baptisée «Opération Bélier», une allusion au logo du Ralliement pour l’indépendance nationale (RIN) qui était reconnu pour sa propension à miser sur les rapports de proximité avec les gens pour propager son message. Elle se maintiendra «jusqu’à ce que le Québec soit un pays», selon Maxime Laporte, président du réseau Cap sur l’indépendance.
Le porte-à-porte serait une première étape à laquelle s’ajouteront plusieurs autres actions des partenaires regroupés au sein du RCI afin de former une grande campagne permanente pour l’indépendance.
Selon Maxime Laporte, aussi président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, la démarche vise à raviver le débat sur l’avenir politique du Québec en incitant monsieur et madame Tout-le-monde à y participer.
Il a expliqué qu’il s’agit d’une façon de «rendre la souveraineté plus concrète dans l’esprit des gens» pour ultimement les convaincre que «c’est un projet qui vise à enrichir les Québécois, à faire en sorte qu’on s’épanouisse comme peuple».
«On parle souvent d’indépendance dans des termes assez négatifs. Les gens, ce qu’ils voient, c’est les chicanes au Parti québécois, la difficulté pour les partis indépendantistes à s’unir. (…) Or, les gens devraient voir l’utilité de l’indépendance, le “pourquoi” plutôt que le “comment” ou le “quand”», illustre le porte-parole.
Il a ajouté qu’à ses yeux, «il n’y a rien de mieux que d’avoir un rapport direct avec les citoyens pour parler d’un enjeu aussi important.
«Le mouvement indépendantiste est assez vaste. On s’est beaucoup parlé entre nous à travers des congrès et des colloques. Or, je pense qu’il y a lieu de revenir à la base et d’aller voir les citoyens.» -Maxime Laporte, président du réseau Cap sur l’indépendance
Pour tisser ce lien, les participants à la campagne devront miser, à son avis, sur le porte-à-porte, les assemblées de cuisine, les rassemblements et les colloques régionaux et surtout ne pas avoir peur de se relever les manches.
Pour rendre le sujet plus concret, les bénévoles comptent bien adapter leur discours en fonction de l’actualité locale et «relier la question nationale aux enjeux politiques». «Les gens qui vont voir un oléoduc passer sur leur terrain, pour eux, c’est [une situation] très [concrète]. Or, le Québec n’a pas les moyens politiques de s’opposer à ça, de faire entendre sa voix», rappelle M. Laporte à titre d’exemple.
Dans la dernière année, un projet pilote de porte-à-porte hebdomadaire a été mis sur pied à Montréal avec une vingtaine de volontaires du RCI pour tester l’efficacité de la stratégie. Sur les 4000 portes auxquels ils ont cogné, «il y a 25% [des répondants] qui se disaient indépendantistes, 15% qui se disaient non-indépendantistes ou fédéralistes et le restent étaient curieux ou indifférents, soutient M. Laporte. Donc on voit que c’est important de mener une telle campagne pour sensibiliser la population à la question nationale.»
Avec de tels résultats, le RCI est donc prêt à se mobiliser à travers la province. Actuellement, quelques groupes d’une dizaine de bénévoles sont déjà formés dans plusieurs régions du Québec, dont l’Outaouais, l’Abitibi, la Gaspésie et la Mauricie, et poursuivront la stratégie du porte-à-porte sur une base hebdomadaire.
«Il n’y a pas de secret pour ce qui est de la réalisation de l’indépendance. Il faut travailler”, a martelé le porte-parole.
M. Laporte a précisé que l’«Opération Bélier» n’en est qu’à ses premiers balbutiements.
«On veut faire en sorte qu’elle grossisse, qu’elle devienne de plus en plus importante, qu’elle ait le plus d’écho possible dans la population», a-t-il indiqué.
Pour attirer l’attention des gens dès le départ, un spectacle réunissant entre autres le groupe Loco Locass, l’auteur-compositeur-interprète Alexandre Belliard et l’ancien premier ministre Bernard Landry a été organisé, dimanche soir, à Montréal.
-Avec La Presse canadienne