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PQ: Cloutier se lance dans la course

Martin Ouellet - La Presse Canadienne

QUÉBEC – L’ex-ministre Alexandre Cloutier fait le pari de surpasser la locomotive Pierre Karl Péladeau et de se glisser à la tête du Parti québécois.

Le député de Lac-Saint-Jean a annoncé lundi, dans son village natal de Saint-Gédéon, sa décision de se porter candidat à la succession de Pauline Marois. Il ira chercher son bulletin de candidature mardi à la permanence du parti à Montréal et lancera officiellement sa campagne dans deux semaines, le 9 novembre, dans sa circonscription.

Le défi est colossal pour le parlementaire de 37 ans, qui figure en bas de liste parmi les candidats réels et présumés.

«Ce n’est pas un exercice de parade, je suis là pour gagner et il y a des exemples par le passé qui me donnent raison», a déclaré M. Cloutier, faisant allusion à l’ascension et la victoire inattendue de Régis Labeaume à la mairie de Québec en 2007.

«Tout le monde riait de lui quand il a lancé sa candidature, il était à peu près à 2-3 pour cent dans les intentions de vote et en bout de course, il a montré que c’est lui qui avait raison. J’ai assez d’expérience en politique pour savoir que les choses changent rapidement», a-t-il expliqué en entrevue téléphonique.

Dans son allocution, il a promis d’incarner un «nouveau» Parti québécois, celui qui prend la défense «du monde, des régions, des travailleurs et des familles». Il entend ainsi mettre fin «à la politique de division», montrant du doigt les déchirements provoqués par le débat sur la charte des valeurs. Cette politique «de division» a contribué, selon lui, au naufrage du gouvernement Marois au scrutin du 7 avril.

«Il y a un électeur sur six qui s’est reconnu dans nos positions lors de la dernière campagne. Ce que je veux, c’est qu’on redevienne le parti de l’ensemble des Québécois. Avec la charte, on est allé trop loin, je l’ai dit à de nombreuses reprises et je vais continuer à le dire», a affirmé M. Cloutier, qui comme son adversaire probable dans la course à la direction, Jean-François Lisée, renie le projet piloté par Bernard Drainville, candidat lui aussi à la chefferie.

M. Cloutier a indiqué qu’il précisera sa «vision pour le Québec» et sa «vision pour le parti» au cours des prochaines semaines avec des «propositions concrètes». Il n’est pas question pour lui de spéculer sur la monnaie québécoise, la citoyenneté ou l’armée d’un Québec souverain. Avant d’aborder ces questions, il importe de s’entendre sur «un tronc commun», a-t-il fait valoir.

«La preuve que tout le monde parle de façon individuelle mais qu’il n’y a plus de projet collectif, c’est tout le débat en cours sur la monnaie ou l’armée. Ça montre qu’il n’y a plus de projet. C’est pour ça que je dis qu’il faut se remettre au travail, on doit mettre un comité de travail en place pour parler d’une seule voix», a-t-il dit.

Pour définir le «tronc commun» du projet souverainiste, le député suggère que le Parti québécois verse 50 pour cent des dons qu’il reçoit _ environ 500 000 $ par an _ pour financer les travaux d’une «équipe de préparation à la souveraineté», composée d’élus et de représentants de la société civile, mandatée pour dessiner les contours du Québec indépendant.

Une fois le PQ de retour au pouvoir, le gouvernement enclencherait un nouveau processus référendaire, à condition de recueillir au moins un million de signatures sur un registre public au cours d’une période s’échelonnant sur un an.

Membre du Barreau depuis 2002, M. Cloutier a été élu pour la première fois aux élections générales du printemps 2007. Il a été ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes entre 2012 et 2014 dans l’éphémère gouvernement minoritaire de Pauline Marois.

M. Cloutier aura toute une pente à remonter s’il veut espérer diriger le PQ. Selon un sondage CROP-La Presse, à peine cinq pour cent des répondants seraient davantage portés à voter pour le PQ si le député jeannois en était le chef. Pierre Karl Péladeau, qui n’est pas encore entré officiellement dans la course, recueille pour sa part un score de 28 pour cent.

Les autres aspirants _ Martine Ouellet, Jean-François Lisée et Bernard Drainville _ obtiennent des pourcentages marginaux variant entre huit et six pour cent.

En vertu des modalités de la campagne au leadership, M. Cloutier devra amasser 20 000 $ et récolter, d’ici au 15 janvier 2015, 2000 signatures provenant de 50 circonscriptions électorales.

Le vote se tiendra du 13 au 15 mai 2015. Si aucun candidat n’obtient la majorité simple de 50 pour cent plus un, un second tour aura lieu du 20 au 22 mai 2015.

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