Les régimes de retraite donne des maux de tête à l’UMQ
L’Union des municipalités du Québec (UMQ) se penche actuellement sur la cotisation des élus municipaux à leur régime de retraite, mais la tâche n’est pas aussi simple que pour les élus provinciaux, estime sa présidente, Suzanne Roy.
L’Assemblée nationale a adopté une motion, mercredi, réclamant que les députés contribuent dans une mesure de 50 % à leur régime de retraite. Ceci fait suite au projet de loi 3, présenté par le gouvernement libéral, qui demande aux employés municipaux de contribuer à parts égales avec leur employeur à leur fonds de retraite. Les élus ont voulu, eux aussi, «participer à l’effort de retour à l’équilibre budgétaire», selon la motion.
Qu’en est-il du régime de retraite des élus municipaux? À Montréal, les élus ont également adopté une motion au conseil municipal, en août, pour affirmer leur appui à une cotisation à parts égales à leur régime de retraite.
Mais la situation n’est pas aussi simple partout au Québec, prévient Mme Roy.
«[Le partage 50/50], c’est moins contraignant ou restrictif [à Montréal], admet la présidente qui souligne que les maires et les conseillers y ont un salaire plus important que la moyenne des salaires des maires au Québec qui se situe à 21700$. Ce qui s’applique à Montréal ne s’applique pas nécessairement dans l’ensemble des municipalités», ajoute-t-elle en entrevue avec Métro.
Un comité sur la rémunération des élus, au sein de l’UMQ, se penche actuellement sur la question et devra proposer à l’hiver 2015 au ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, des barèmes à appliquer pour répondre à «la capacité des différentes municipalités».
«C’est complexe et tellement différent du débat avec les élus provinciaux où ils ont tous le même salaire de base», fait valoir Mme Roy qui attendra les conclusions du comité avant de prendre officiellement position.
Elle ajoute que «la très grande majorité des élus municipaux n’ont aucun fonds de retraite» et souligne que certains maires ont des salaires aussi bas que 5000$.
«Je ne veux pas présumer des travaux du comité, mais il y aura peut-être différents types [de barèmes] selon les niveaux salariaux, les niveaux de participation [à un régime de retraite]. Le partage 50/50 de 0$ (i.e. ceux qui n’ont pas de régime de retraite) va être simple, alors qu’il y en a d’autres qui n’ont presque rien, ou encore des salaires plus raisonnables», avance Suzanne Roy.
La mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, s’est elle aussi positionnée en faveur du partage de la cotisation à parts égales dans le régime de retraite des élus. «C’est une question d’équité et de cohérence», dit-elle.
Mais elle reconnait que le débat n’est pas homogène. «À Longueuil, les conseillers municipaux et la mairesse travaillent à temps plein. Ce n’est cependant pas le cas ailleurs et les salaires sont donc moindres. Il faut faire attention à la formule qui sera proposée afin que la fonction d’élu demeure attirante», indique-t-elle, considérant qu’un partage 50/50 pourrait être plus contraignant pour un élu avec une plus faible rémunération.
Toutefois, le porte-parole de la Coalition syndicale pour la libre négociation, Marc Ranger, estime quant à lui que la situation des élus municipaux n’est pas une exception. «Nous aussi, on a de plus petits syndicats dans le monde municipal, on en a qui n’ont pas de régime de retraite. Mais il y a un principe qui est sur la table et qu’on veut nous imposer, c’est le partage des coûts des régimes de retraite», rappelle-t-il.
Il critique l’incapacité de la présidente de l’UMQ à prendre position. «Mme Roy n’est pas capable de prendre position parce qu’elle sait qu’elle a de ses membres qui ne veulent pas du partage 50/50, et non pas en raison de la «complexité»», s’insurge le représentant syndical.