Mario Clément quitte Radio-Canada… d'un commun accord!
Voici le genre de communiqué qui nous tombe parfois dessus à 16 h 20 : «Le vice-président principal de Radio-Canada, Sylvain Lafrance, annonce aujourd’hui le départ du directeur général de la télévision, Mario Clément. Cette décision a été prise d’un commun accord entre M. Clément et la direction de Radio-Canada.»
Me semble… Quand c’est écrit «d’un commun accord», on sait trop bien qu’on nous ment en pleine face. Ça serait pourtant si simple d’annoncer qu’Untel est parti ou alors qu’on l’a aidé à sortir. De toute façon, on finira bien par savoir. Tout se sait…
Mario Clément, lui, ne donnait pas dans ce type de correction stérile. D’accord, le gars ne faisait pas toujours dans la dentelle, mais au moins, avec lui, la ligne était toujours clairement tracée. On imagine que cette absence de savoir-faire radio-canadien a dû en achaler plus d’un au cours des cinq dernières années. Cinq années d’un règne beaucoup trop court, selon moi.
On entend déjà glousser les éternels tenants du «mandat» de Radio-Canada. Ils doivent se réjouir du départ du diable qui aura, selon eux, ouvert les portes de l’auguste société à la facilité et à l’humour. Vous les connaissez, ces nostalgiques qui révisent constamment la réelle histoire de notre télé d’État en ignorant malicieusement que les plus grands succès de Radio-Canada ont été des émissions d’humour, des sitcoms et des téléromans. Désolé pour les admirateurs de Fernand Séguin et d’Andréanne Lafond, c’est ainsi.
Depuis l’arrivée de Mario Clément, la télévision de Radio-Canada semblait enfin avoir une vision. C’était une télé vivante – parfois même imparfaite – qui n’attendait plus de voir ce qui se passait du côté du privé pour savoir où elle devait aller, mais qui allait désormais imposer la cadence. C’est aussi ça,
le rôle d’une société d’État.
Pour une fois, on avait un vrai défenseur de la télévision publique qui ne se laissait pas intimider dans ce milieu très compétitif, quitte à en découdre avec ses vis-à-vis du privé. Avec lui, le niveau de compétition a grimpé d’un cran, et tout le reste de l’industrie a été obligé de s’ajuster. La télé était meilleure partout. Et qui en sortait gagnant au bout du compte? Nous.